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Affaire dite des 400 millions au Ministère des Mines et de l’Energie: L’ancien Ministre Mohamed Abdoulahi et son staff doivent s’expliquer à la justic

  • Par biacorp
  • Le Dim 02 Mai 2010
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Écrit par Norbert (Le Courrier N° 102 DU 29 AVRIL 2010)

Qu’en est-il de l’affaire dite des 400 millions distribués à plusieurs agents du Ministère des Mines et de l’Energie au titre de gratifications par le cabinet français DRAK & BARTH pour services rendus ? Cette affaire, on se souvient avait beaucoup défrayé la chronique dans la presse écrite. Elle a même suscité une commission d’investigation initiée par le Bureau Exécutif National du SYNPAMINE, et qui était assortie de quelques constats et conclusions très intéressantes. En dépit de toutes les révélations faites sur cette affaire, les Nigériens restent encore sur leur faim et veulent connaître la suite et les dessous. Pour l’heure, voilà ce que nous savons ou disons les derniers faits en notre possession qui se résument aux résultats de la commission syndicale conduite par le SYMPAMINE. Présidée par Boubacar Oumarou avec pour rapporteur Souleymane Illiassou Magagi, cette commission a eu à auditionner plusieurs agents du Ministère des Mines et de l’Energie parmi lesquels le Secrétaire Général dudit Ministère.

Il faut préciser que le Ministre de l’époque, Mohamed Abdoulahi en personne avait été sollicité par la Commission aux fins de l’entendre dire ce qu’il en savait, mais en vain. Les agents auditionnés sont les suivants : Adamou Maïkano, Chef Division du Laboratoire d’Analyse des Produits Pétroliers « Pétrolab » : il a fait à la commission le compte rendu de son interpellation par le juge du 1er cabinet, courant octobre 2008, au sujet d’un virement d’une somme de 19,5 millions effectué sur le compte Pétrolab. Il avait dit au juge de se référer aux signataires du compte ; qui sont les Directeur des Hydrocarbures et le Directeur des Affaires Administratives et Financières. Ousseini Assane Boureima, Chef de Division Exploration Production à la Direction des Hydrocarbures : Le 16 octobre 2008, il avait reçu un chèque d’un montant de 1 million de FCFA sur le compte Pétrolab qui lui a été remis par le DAAF pour service rendu. Mais une semaine plus tard, il retourna le chèque au motif que le travail produit en collaboration avec les consultants ne prenait pas en compte les intérêts du Niger. Aboubacar Nalado, Chef Division, Approvisionnement et Distribution à la Direction des Hydrocarbures : Il a reçu 1 million de FCFA remis à lui par le DAAF. Ce dernier lui a expliqué qu’il s’agit de sa part dans l’argent que le Cabinet DRAK & BARTH a envoyé aux personnes qui ont travaillé avec lui. Ado Mahaman, Directeur des Hydrocarbures :

 
Entre autres, il a expliqué que la somme partagée correspond à une gratification que le Cabinet DRAK & BARTH a envoyé aux personnes qui l’ont aidé à travailler et que ce montant a été viré par DRAK & BARTH dans le compte Pétrolab. Laouali Mahaman, Directeur des Affaires Administratives et Financières (DAAF) : Il a reconnu avoir distribué des chèques provenant du compte Pétrolab. Il n’a rien dit sur le montant que lui-même aurait encaissé. Il a demandé à la commission de lui prouver l’existence du versement de 400 millions dans le compte Pétrolab. Adamou Ousmane, Directeur des Exploitations Minières à Petites échelles : Il a confirmé avoir perçu la somme de 1 million de FCFA comme beaucoup d’autres. Adolphe Baguidi, Conseiller Technique du Ministre des Mines et de l’Energie : Lui également a touché 1 million de FCFA et a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un vol mais d’une gratification. Abdoul Razak Amadou, Secrétaire Général du Ministère des Mines et de l’Energie : Il a confirmé que le cabinet DRAK & BARTH a envoyé une somme d’argent aux personnes qui ont travaillé avec lui. Il donné, entre autres, les précisions suivantes :
 
il n’y a jamais eu un virement de 400 millions dans le compte Pétrolab ; le montant distribué est de 50 000 euros (environ 33 millions de FCFA) et a servi de gratification aux personnes qui ont travaillé avec le consultant ; le nombre de bénéficiaires est de 17 dont 8 cadres et 9 du personnel d’appui tous du Ministère des Mines et de l’Energie ; que lui-même a été gratifié mais il a refusé de donner le montant le concernant. Madame Soga Fati, Directrice de la Législation : Elle a refusé de recevoir les membres de la Commission. Madou Gadji Gréma, Inspecteur Général des Services : Il a refusé de confirmer ou d’infirmer s’il a reçu un chèque des mains du DAAF. Mohamed Abdoulahi, Ministres des Mines et de l’Energie : Les membres de la Commission ont demandé à le rencontrer mais il n’a jamais donné suite à ces sollicitations. Tankandia Adamou, Secrétaire Général Adjoint du SYNPAMINE : Il a afirmé avoir chercher à en savoir mais qu’il aurait été même menacé de mort. Doukia Daouka, Reprographe au Ministère des Mines et de l’Energie : Il a dit n’avoir rien perçu. Djibo, Planton au Cabinet du Ministre des Mines et des L’Energie, Membre du BEN SYNPAMINE :
 
Il a reçu 150 000 FCFA des mains du DAAF qui « lui a expliqué que cette somme provenait de l’argent que les blancs ont envoyé à ceux qui ont travaillé avec eux ». A l’issue de ses investigations, la commission a eu à tirer des constats, notamment que le cabinet DRAK & BARTH a bel et bien versé une somme importante dans le compte Pétrolab ; que cette somme n’est pas un bonus pour le Ministère mais qu’elle était destinée à gratifier des individus... La commission a aussi tirer des conclusions : que le cabinet DRAK & BARTH et l’Administration du Ministère des Mines et de l’Energie ont délibérément utilisé un compte public pour gratifier des personnes à titre privé ; que en dépit de la prise en charge par l’Etat du fonctionnement des comités ainsi que de l’indemnité de session et des gratifications, certains membres du comité ont accepté de l’argent de la part du consultant dont ils sont censés contrôler la qualité du travail, en se transformant en juge et partie…
 
Enfin au nombre de ses recommandations, on peut retenir celle qui demande d’éviter systématiquement de faire appel aux services des cabinets pour des travaux dont le Ministère dispose des compétences, d’exiger les relevés du compte Pétrolab et les listes de tous les bénéficiaires. La balle est aujourd’hui dans le camp du Con seil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) de faire la lumière sur cette affaire comme sur beaucoup d’autres qui ont trait aux questions minières. Quelle est la somme exacte versée par le cabinet DRAK & BARTH sur le compte Pétrolab ? Qui en sont les bénéficiaires ? Quel montant a reçu chacun ? Y a-t-il eu des laissés pour compte dans la distribution ? Si oui pourquoi ? Tout ce qui semble sûr et certain, ce que des agents de l’Etat se sont rendus coupables de fautes graves. A la limite on peut même parler de haute trahison puis selon un des points des conclusions tirées par le Commission Syndicale, les intérêts du Niger ont été violés au profit d’intérêts privés et de surcroît non Nigériens.

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