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AMENDEMENTS DU PROJET DE CONSTITUTION PAR LA CSRD: LA JUNTE MILITAIRE SAUVE SEINI OUMAROU ET FAIT DEUX POIDS DEUX MESURES !

  • Par biacorp
  • Le Jeu 09 Sept 2010
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Écrit par Norbert (Le Courrier N° 121 DU 06 Septembre 2010)

  Le jeudi 2 septembre 2010, le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) a rendu publique ses amendements sur l’avant-projet de constitution. Entre autres amendements apportés par la junte militaire, la suppression de l’exigence de BAC + 3 pour le candidat aux élections présidentielles. Il faut signaler que cette disposition de l’avant-projet de constitution a fait l’objet de tiraillement. D’abord au Conseil Consultatif National (CCN) où faute de consensus, il a fallu passer au vote pour départager les partisans du maintien de cette disposition et les opposants. C’est à 46 voix pour contre 42 que le CCN avait entériné le maintien de cette disposition de l’article 47. Mais le débat était loin d’être fini. Il fut transporté dans la rue par les parties politiques de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la République (AFD/R) avec à leur tête le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD Nassara) dont justement le candidat investi aux prochaines présidentielles en la personne du président du Parti, Seini Oumarou ne remplissait pas la fameuse condition de BAC + 3.

 

La fronde contre l’article 47 fut aussi soutenue par une frange de la société civile avec comme simple argument qu’elle consacrait la rupture d’égalité des citoyens devant la loi, toute chose à l’encontre des principes chers aux organisations de défense des droits de l’homme et de la démocratie. Aujourd’hui, c’est donc l’euphorie au sein du MNSD Nassara, car le CSRD a sauvé Seini Oumarou. Mais tout le débat autour de l’article 47 de l’avant projet de constitution a eu le mérite de prouver à la face du monde la tricherie du président du MNSD qui a menti sur son cursus scolaire à travers son curriculum vitae. Pour quelqu’un qui aspire présider aux destinés de ce pays, le parjure est grand. Revenons aux amendements du CSRD. Au sein de l’opinion, on commence à taxer la junte mili- taire de deux poids deux mesures.
 
Si tant est-il que l’exigence de BAC + 3 consacre la rupture d’égalité des citoyens devant la loi, que dire des 20 millions de FCFA de caution exigée pour le candidat à l’élection présidentielle ? En effet si on peut trouver 100 000 nigériens remplissant la condition de BAC + 3, il est difficile d’avoir 10 000 capables de mobiliser 20 millions de FCFA de caution. Comme quoi la caution consacre plus une rupture d’égalité que la condition de BAC + 3. Donc pour toujours une égalité des citoyens devant la loi, le CSRD devrait également supprimer la caution. Sur un tout autre plan, il y a ceux pour dire que les amendements du CSRD ont plutôt consacré une rupture d’égalité. Car la candidature à la députation reste toujours soumise à la condition de niveau d’instruction.
 
Question : n’est-ce pas aussi le peuple qui élit le Président de la République qui élit aussi ses représentants à l’Assemblée Nationale ? Autant donc il faut laisser l’élection du Président de la République à la discrétion de la souveraineté populaire, autant il faut observer la même démarche pour ce qui est de l’élection des députés.

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