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ASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES : FOUKORI ET DEUX DE SES PROCHES GARDÉS À LA PJ

  • Par biacorp
  • Le Ven 17 Sept 2010
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Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (Roue de l’Histoire n° 525 du 15 Septembre 2010)

 

 L’ancien administrateur délégué de la Nigelec vient à nouveau d’être interpellé à la police judiciaire. L’information est tombée hier mercredi 15 septembre 2010 dans la matinée. C’est en effet très tôt le matin dans les environs de 6 heures que la direction de la PJ a procédé à l’interpellation de l’ancien administrateur délégué de la Nigelec Foukori Ibrahim.

Des sources proches de l’interpellé, on apprend que Foukori Ibrahim a été interpellé à la PJ, en même temps que d’autres personnes de son entourage. On cite à ce sujet son fils et son beau-fils, deux personnes régulièrement citées dans les activités financières en relation avec la Nigelec. En effet, la commission de lutte contre la délinquance financière qui a enrôlé le dossier de la Nigelec est entrain de fouiller et d’éplucher toute la documentation relative à la gestion des affaires financières de la société et aussi les mécanismes de passation des marchés avec les fournisseurs.

Dans les opérations de commande, la Nigelec avait développé un réseau de partenaires fournisseurs avec certaines sociétés privées aux allures de société écran dont la plupart sont dirigées par des proches de l’ancien administrateur délégué, notamment son propre fils et son beau-fils. L’interpellation de ces deux dernières personnes en même temps que Foukori Ibrahim est en liaison directe avec la procédure de passation des marchés de la Nigelec qui a permis à son ancien patron de camoufler une sorte de délit d’initié qui pourtant a procuré à l’entourage de Foukori Ibrahim d’importantes ressources financières, indique-t-on.

Procédures de passation des marchés en l’absence de toute concurrence, absence de recours à l’appel d’offres public, les opérations de commandes à l’abri de toute concurrence vont donner lieu à d’importantes pratiques de surfacturation, selon les conclusions du rapport d’enquête. Il faut rappeler que des investigations récentes conduites par une mission d’inspection d’Etat a mis en relief un gap financier de plus de 50 milliards de francs CFA dans la gestion de la Nigelec. En début du mois de juillet déjà, Foukori Ibrahim avait effectué un séjour à la PJ suite à une interpellation dans le cadre de la même affaire en même temps que d’autres anciens patrons des sociétés d’Etat soupçonnés de détournement des ressources publiques.

Son audition n’a duré que quelques heures avant d’être relâché par la police. On ne sait pas la suite qui sera donnée cette fois-ci à cette dernière interpellation de l’ancien administrateur délégué de la Nigelec. Entre la justification du montant financier objet de soupçons de détournement et le caractère quelque peu opaque de la procédure de passation de marchés qui avait cours à la direction de la Nigelec, l’interrogatoire de l’ancien administrateur délégué va peut-être apporter des éléments de réponse dans les tous prochains jours.

Il faut le rappeler, tout au long des opérations d’inspection des comptes de la Nigelec, l’ancien administrateur délégué a toujours nié les accusations de fraude ou de détournement qui ont été portées contre lui. Dans les jours qui ont suivi l’installation des autorités de la transition, le Ministre porte-parole du gouvernement avait indiqué, dans un entretien accordé aux médias, qu’aucune trace n’a été trouvée dans la comptabilité de la Nigelec du crédit des 20 milliards de francs CFA accordés à la Nigelec par le régime de Tandja Mamadou dans le cadre de l’achat d’équipements pour renforcer ses capacités de production d’électricité et pallier aux incessantes coupures de courant.

Récemment encore, pour justifier le recours aux commandes par le biais du cartel des sociétés partenaires, la Nigelec a sorti une correspondance adressée à la commission de lutte contre la délinquance financière, note dans laquelle la direction de la Nigelec a indiqué que la société, de part le caractère urgent de ses commandes, n’est pas soumise au code des marchés publics. Autant dire qu’on est loin encore du dernier rebondissement dans cette affaire de la Nigelec et la commission de Abdoul Karim Mossi, fortement attaquée ces derniers temps, va encore se préparer à faire face à une vaste levée de boucliers.

Mais en attendant Foukori Ibrahim et les autres co-interpellés restent encore en garde à vue dans les locaux de la PJ depuis hier mercredi.

 

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