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Bataille de légitimité à la présidence du MNSD: Le procès reporté pour le 17 mai prochain

  • Par biacorp
  • Le Ven 09 Avr 2010
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Écrit par M.A (L’ACTUALITE DU 06 AVRIL 2010)

Prévu le jeudi 1er avril dernier, le jugement de l’affaire de la légitimité à la présidence du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara), est reporté pour le 17 mai prochain à la Cour d’appel de Niamey. Les conseillers des deux parties se sont entendus sur cette date pour les plaidoiries. L’avocat du président en exercice Seïni Oumarou, Tanimoune Bawa Souleymane estime qu’il y a eu une « mauvaise appréciation » et une « mauvaise application » des textes du parti. Il a indiqué que l’affaire sera désormais jugée par trois magistrats. Un des conseils de Hama Amadou, Hachirou Moumouni, indiquera, lui, qu’un procès sur l’affaire de parti se fait sur la base des textes.

L’affaire en question oppose le président du parti issu du congrès extraordinaire de Zinder Seïni Oumarou et l’ancien président du MNSD Hama Amadou qui, déféré à la prison de haute sécurité de Koutoukalé suite à l’affaire du fonds d’aide à la presse, confiera l’intérim au secrétaire général du parti à l’époque Salah Habi. Malgré un premier jugement en première instance, le verdict sera reporté. A la suite d’une autre réintroduction en justice, le verdict sera à la faveur de Hama Amadou alors qu’il était à Paris pour y subir des soins. Mais la partie adverse décidait de faire appel. La tombée de ce verdict qui légitime encore Hama Amadou à la tête de l’ancien principal parti au pouvoir interviendra à un moment où les partisans de l’ancien premier ministre ont rejoint une nouvelle structure politique, le Mouvement démocratique nigérien/Fédération africaine (MODEN/FALumana) en perspective des législatives anticipées du 20 août 2009 après le référendum controversé, consacrant une nouvelle république dans notre pays. La bataille judiciaire engagée entre le clan de Seïni Oumarou et celui de Hama Amadou tire ses origines du congrès extraordinaire de Zinder de février 2009. Débarqués lui et son gouvernement en mai 2007, suite à une motion de censure, Hama Amadou, présumé impliqué dans une affaire de détournement du fonds à la presse, aura maille à partir avec la justice. La même affaire le conduira à la prison de haute sécuri té de Koutoukalé où il sera incarcéré pendant environ dix mois.

 
Depuis son arrestation, le MNSD fera face à une crise politique relative à la question de l’intérim au poste du président du parti qu’il confia, à Salah Habi alors secrétaire général du MNSD, à la veille de sa déportation. Très vite, le camp favorable au successeur de Hama Amadou à la primature va jouer à la récupération du MNSD. Un congrès extraordinaire convoqué à Zinder verra le sacre de Seïni Oumarou élu président et du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation Albadé Abouba qui sera propulsé au poste de secrétaire général du parti, occupé par Salah Habi. Mais les responsables proches de l’ancien président, exclus du MNSD et restés fidèles à l’intérimaire désigné par leur chef, vont vite s’insurger contre le congrès et les décisions, recommandations et résolutions qui en sont issues. Depuis lors, les deux parties vont s’engager dans une véritable bataille judiciaire. Le procès en appel tant attendu entre Seïni Oumarou et Hama Amadou règlera-t-il définitivement la querelle de légitimité entre les deux clans ? On le saura.
 
Ce qui est sûr, depuis la crise politique née de la question de succession à la présidence du parti, le MNSD, considéré comme le plus grand parti sur l’échiquier politique national, n’est plus aux beaux fixes. A cette situation déjà tendue, le parti fait face à la nouvelle conjoncture politique née des évènements du 18 février 2010, suite auxquels le régime dont le MNSD est le principal acteur et moteur est tombé, suivi de la détention, par la junte militaire au pouvoir, de l’ancien président de la République Tandja et de l’incarcération du secrétaire général du parti Albadé Abouba à la prison de haute sécurité de Koutoukalé. Au moment où le problème de légitimité à la tête de l’ancienne principale formation politique de la majorité connaît un nouveau rebondissement, les choses se dégradent davantage pour le MNSD avec l’arrestation du président du parti Seïni Oumarou ainsi que d’autres gros bonnets du parti.

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