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Conférence de presse du porte-parole du Gouvernement L’ex A.D Ibrahim Foukori sera-t-il la première victime de l’assainissement ?

  • Par biacorp
  • Le Jeu 22 Avr 2010
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Écrit par Le Canard déchaîné N°424 du 19 Avril 2010

Le retour des coupures d’électricité et des délestages dans la capitale a relancé le sempiternel débat sur l’indépendance énergétique et la gestion de la NIGELEC. Ces derniers temps, le nom de l’ex Administrateur Délégué, Ibrahim Foukori a été beaucoup cité dans la presse comme étant un mauvais gestionnaire et un piètre visionnaire. Où sont passés les 20 milliards annoncés par le Conseil des Ministres de Tandja pour sauver la boite ? Qu’en est-il de tous ces crédits bancaires contractés pour faire l’électrification rurale ? Et ces marchés publics surfacturés dénoncés par la presse ? La NIGELEC ou disons l’ex Administrateur Délégué de la NIGELEC est plus que jamais dans la ligne de mire. Ibrahim Foukori sera-t-il la première victime de l’assainissement ? Tout porte à le croire. Dans sa conférence de presse, le Ministre des Enseignements Secondaire et Supérieur, de la Recherche et de la Technologie, Porte Parole du Gouvernement, Mahaman Laouali Dan Dah a fait le tour de plusieurs préoccupations de l’heure, entre autres, les problèmes de la NIGELEC, l’assainissement, tout ce qui laisse à penser que le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) respectera ses engagements parmi lesquels la moralisation.

« Le Premier ministre a bien dit qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières. Lorsqu’on dit qu’il n’y a pas de chasse aux sorcières ça ne veut pas dire que personne ne sera inquiété. Par chasse aux sorcières il faut entendre le fait qu’on n’a pas de préjugé sur quelqu’un. Personne ne sera inquiété parce qu’elle a participé à une gestion qui n’est pas la nôtre. Cependant, toute personne qui aura participé à une gestion y compris la nôtre et qui aura à l’occasion de cette gestion poser des actes préjudiciables aux intérêts de ce pays, évidemment, elle répondra de ses actes devant les tribunaux. Mais c’est un processus tout ça On ne peut pas parce qu’on a remplacé un régime, partir arrêter et jeter en prison les animateurs de ce régime alors même qu’on a pas les preuves de leurs implications dans des actes préjudiciables à l’intérêt du pays. Si on le faisait, on serait dans une situation que vousmêmes allez décrier.
 
Donc il y a des procédures qu’il faut respecter, il y a toute une procédure qui doit se mettre en oeuvre. Comme je vous l’ai dit, les Ministères, chacun dans son domaine doit élaborer un programme qui cadre avec le triptyque Assainissement, Réconciliation et Restauration de la démocratie. Je vous donne un exemple en ce qui concerne mon Ministère avant même l’élaboration de ce programme. Depuis 2 semaines, nous avons lancé un programme d’inspection systématique de tous les établissements d’enseignement privés de la Communauté urbaine de Niamey et nous entendons inspecter tous les établissements d’enseignement privés du Niger et ensuite tous les établissement d’enseignement publics sur la base d’un échantillonnage. L’objectif en ce qui concerne le privé c’est récompenser les méritants en les encourageant au moins et sanctionner au besoin en mettant hors d’état de nuire ceux qui ne sont pas aux normes. Voilà l’objectif mais pour le faire, il faut de la méthode. Vous ne pouvez pas arrêter quelqu’un parce qu’il a été responsable à tel endroit et le jeter en prison.
 
Il faut bien qu’il y ait des preuves, il faut bien qu’il y ait comme le disent les magistrats des « indices » et croyez-moi ça ne tardera pas à venir. La presse a fait des dénonciations, c’est vrai, mais ces dénonciations, je pense, vont servir d’indices pour que les différents ministères sectoriels inscrivent clairement l’instruction et l’exploitation pour certains des rapports d’instruction qui sont déjà en leur possession. Je voudrai vraiment vous rassurer sur cette question-là : on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. Si vous voulez faire de l’assainissement et le réussir, il faut au plan méthodologique arrêter quelque chose. Ce qui est sûr, on n’a pas voulu comme l’ont fait d’autres régimes mettre en place des commission du genre ‘’commission d’état des lieux’’ ou de ceci cela. On a voulu partir sur les dispositifs existants en corrigeant évidemment les insuffisances pour aller à des résultats ….
 
Voilà ce que ça veut dire Maintenant en ce qui concerne la panne d’électricité que nous avons tous vécue, le Ministre des mines a eu l’occasion de faire une communication au gouvernement. Communication à l’occasion de laquelle il a expliqué les raisons de cette situation difficile que nous avons vécue notamment au cours de la semaine écoulée dans la Communauté urbaine de Niamey en terme de fourniture d’électricité. Cette situation est essentiellement dû à 2 pannes sur la ligne qui nous relie au Nigeria. Il y a eu une panne côté Nigeria et une panne côté Niger. Or, il se trouve que les dispositifs qui existent pour détecter les pannes au niveau du Nigeria n’étaient pas en mesure de détecter ces types de pannes. Donc il a fallu procéder de façon physique à l’inspection de tous les pilonnes, les 650 pilonnes qui se trouvent sur la ligne Haute tension qui va de Niamey jusqu’au Nigeria. Il a fallu procéder à cet examen physique. Et comme en terme de capacité de fourniture d’électricité, nous sommes très dépendants du Nigeria qui nous fournit pratiquement 80% de nos besoins, nos installations ici ne nous ont pas permis de faire face à ce gap, à ce déficit consécutif à cette panne.
 
La leçon que nous avons tirée et que d’autres avaient tirée à un moment donné mais à laquelle ils n’ont pas pu apporter de réponse pour des raisons que nous ignorons, c’est qu’il faut travailler dans le sens de renforcer au mieux notre indépendance énergétique. Le Niger est un pays qui peut se positionner pour même exporter de l’énergie. Parce que comme l’a dit quelqu’un tout à l’heure nous flottons dans l’énergie : nous avons le soleil, nous avons l’uranium, nous avons le charbon, il suffit de nous inscrire dans de véritables réflexions susceptibles de nous permettre de transformer ces ressources que nous avons en énergie capable de répondre à nos besoins de développement mais aussi de répondre aux besoins des pays voisins. Et tout à l’heure, Moussa Kaka a parlé des vingt (20) milliards que l’Etat a débloqués à un moment donné pour appuyer la NIGELEC. Je vais vous dire la chose suivante : sur la base des investigations qui ont été menées, la NIGELEC n’a reçu aucun franc sur cet argent qui a été annoncé, c’était un effet d’annonce, aucun franc. Les comptes de la NIGELEC n’ont enregistré aucun franc au titre de cette annonce là.
 
Pire, cette société est dans une situation particulièrement difficile du point de vue financier parce qu’à un moment donné, elle a contracté des engagements financiers dans des conditions qui étaient particulièrement légères mais aussi parce que cette entreprise à un moment donné n’a pas su faire preuve de capacité de prospection parce que - il ne faut pas se cacher la face - elle a fait l’objet d’une gestion tout à fait politisée. Ce n’est pas jeter l’anathème sur quelqu’un mais il faut dire les choses telles qu’elles se présentent. Aucun franc n’a été versé au titre de cette somme là que le gouvernement avait annoncé à un moment donné. Donc, c’est vous dire que les problèmes de capacités à produire de l’énergie sur place, tout de suite, restent entiers. Nous avons depuis l’installation du gouvernement, pu réparer une de nos turbines, ça a augmenté nos capacités de quelques mégawatts seulement mais ce n’est pas suffisant. Si nous voulons avoir une grande capacité en terme de production d’énergie sur place, répondre à nos besoins de développement et même de répondre aux besoins d’exportations, il nous faut nous inscrire résolument dans de véritables stratégies de développement dans ce secteur ».

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