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Contrat d’achat d’armes : L’ex-chef d’Etat Major Général des FAN ‘’ pressé ’’ de… s’expliquer

  • Par biacorp
  • Le Jeu 15 Avr 2010
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Écrit par Hama Ibrahim (Le FLIC N° 184 du mardi 13 Avril 2010)

Au Niger, les montages financiers de nos gouvernants sont aussi ubuesques que ridicules. C’est le cas de cette affaire de contrat d’achat d’armes au profit des Forces Armées Nigériennes (FAN) conclu par les autorités politiques et militaires de la 5e République au plus fort de la rébel l ion Touarègue qui sévissait dans le nord du pays. Contrat dont les retombées financières (les pots-de-vin) auraient atteint la faramineuse somme de 2 milliards de Francs CFA. Dans cette affaire et comme dans toutes les précédentes où le facteur déterminant se rapporte à un détournement de fonds publics, les politiciens prennent d’abord le temps de ficeler un dossier dont les grandes articulations paraissent à vue d’oeil inattaquables devant n’importe quelle instance. Ensuite ils empruntent des voies parallèles en vue de l’exécution matérielle des termes du dossier avec des personnes généralement étrangères aux circuits administratifs et financiers nigériens. Cette affaire d’achat d’armes a été élaborée et exécutée dans les mêmes conditions.

L’élaboration du dossier : la sensibilisation.
 
Courant 2007 les attaques de la rébellion armée ont provoqué une psychose générale au sein des populations nigériennes particulièrement celles vivant dans le Nord. L’attaque du poste mil itaire avancée de Tezerzeite menée par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) allait écorner l’image de notre vaillante armée. En effet, le bilan fut effroyable : Plus d’une dizaine de soldats tués, plusieurs autres enlevés, du matériel militaire emporté etc… Ce coup audacieux mené par la rébellion ne tarda pas à susciter à l’époque, une certaine grogne au sein de l’armée dont le dénuement en armement était crucial. Ainsi donc les chefs militaires mis en face de leurs responsabil ités, se référèrent au Commandant Suprême des Armées, le Président de la Républ ique, Tandja Mamadou qui, lors d’une réunion avec ces derniers, dressa un tableau sombre de l’état de nos forces armées.
 
Egalement en cette même période, certaines organisations de défense des droits de l ’homme s’étaient élevées, critiquant le manque d’initiatives de l’Etat-major des FAN pour contrer ladite rébellion qui, après son coup retentissant à Tezerzeite occupait le devant de la scène. Cependant ce que les nigériens ignoraient, c’est que cette intervention médiatique faisait partie d’une stratégie d’ensemble visant à sensibiliser l’opinion nationale afin d’avoir les justifications pour définitivement asseoir les bases de ce ténébreux dossier. Un dossier qui, somme toute, ne faisait pas l’unanimité au sein même des différentes autorités civiles et militaires de la 5e République. Dans tous les cas, au sortir de cette réunion avec l’Etatmajor des FAN, le Président Tandja contactera une chancellerie étrangère basée à Niamey mais celle-ci marquera une forte réticence à accepter de vendre du matériel mil itaire au Niger.
 
Parce que ce pays craignait que ces armes ne servent à perpétrer un GENOCIDE sur les touaregs dont une certaine presse occidentale battait campagne pour leur autonomie. Tandis que des négociations serrées se déroulaient en coulisse, le Président Tandja Mamadou sollicita l’aide de son fils (celui- là même qui fut l’interlocuteur privilégié de la partie chinoise pendant les négociations en vue de l’obtention de la manne chinoise de 130 mill iards de francs CFA). Celui-ci fut chargé d’entrer en contact avec les autorités chinoises en vue de conclure un contrat d’achat d’armes..
 
Les négociations.
 
Elles démarrèrent précisément dans la seconde quinzaine du mois de mars 2008. Celles-ci achoppèrent d’abord sur le prix proposé par la partie nigérienne qui n’était pas attractif aux yeux des chinois ; ensuite ces derniers ne disposeraient pas, semble-t-il, de la totalité de l’armement commandé dont les caractéristiques figuraient dans un cahier de charges dressé par l’Etat-major des FAN. Ainsi on fit appel à un second intermédiaire (dont l’identité n’a pas été encore révélée) qui contacta une société croate exerçant depuis longtemps dans le domaine de l’armement, laquelle à son tour prit attache avec une société russe pour conclure définitivement ledit contrat d’achat d’armes.
 
L’arnaque.
 
Au cours de nos enquêtes, nous sommes édifiés sur une chose : une bonne partie des sommes débloquées par le Trésor National pour honorer ce contrat d’achat d’armes, a pris une destination inconnue. En témoigne la faramineuse somme de 2 milliards de francs CFA représentant les ristournes qui ont été versées aux principaux intermédiaires. Peut-être que la commission chargée de faire l’état des lieux s’emploiera-t-elle à nous apporter d’amples précisions sur l’utilisation qui a été faite de cette somme ?

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