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[Contribution] La démocratie nigérienne entre complot et paradoxe !

  • Par biacorp
  • Le Dim 28 Mars 2010
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[Contribution] La démocratie nigérienne entre complot et paradoxe !

Écrit par Nouhou M. ARZIKA Président du MPDNP

Les citoyens nigériens qui croyaient mordicus à la démocratie citoyenne sont surpris et étonnés de constater le regard et la lecture de la démocratie qu’ont nos démocrates, qui font tout pour y réduire la perception à une simple affaire d’élection et d’alternance au pouvoir.

S’il est vrai que la démocratie se définit comme étant le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, elle demeure ce faisant le mode d’organisation politique et de dévolution du pouvoir le plus inclusif qui donne la possibilité à chaque citoyen de faire valoir son opinion et son choix dans le cadre d’une saine compétition loyale et transparente.

La démocratie est sensée garantir au peuple, la bonne gouvernance démocratique de ses propres affaires à travers des institutions fortes bien animées par des acteurs véritablement démocrates en vue de rendre possible l’épanouissement individuel et collectif ainsi que le progrès continu de la Nation entière. Elle doit être l’affaire de tous les citoyens pour qu’elle soit une démocratie citoyenne au service du développement national et la satisfaction des préoccupations et aspirations du peuple et de la Nation. La démocratie est la forme de gouvernance citoyenne qui place le peuple au centre de ses préoccupations et où le citoyen a la voix au chapitre, quelque soit son statut et son rang social.

Malheureusement, nonobstant le contenu bien clair de la déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981, le peuple et les citoyens nigériens  ne semblent pas jouir des mêmes droits, qu’elles proclament.

Malgré le fait que la constitution du 9 août 1999 ait affirmée sans ambages dans son préambule, l’attachement de notre peuple aux droits de l’Homme tels que proclamés par les deux documents de référence ci-dessus et qu’ils ont explicitement reconnus à celui-ci le droit à l’autodétermination, le droit de changer de constitution et d’orientation à tout moment lorsque cela lui semble nécessaire bien sûr pour s’adapter ou adapter sa marche à l’évolution du contexte mondial dans ce monde en perpétuel mutation et où la compétition devient de plus en plus rude ;  des voix mesquines se sont élevées abusivement pour crier au scandale et à la  violation de la constitution dans le cadre de l’avènement de la 6ème République, alors qu’il n’en est rien du tout.

Du moment qu’il demeure un droit inaliénable du peuple de changer à tout moment sa constitution, à la seule condition de respecter le cheminement juridique conforme aux lois de la République, il apparaît dès lors aberrant pour un démocrate de s’opposer à toute idée de changement de constitution dans le seul dessein de défendre des intérêts égoïstes et mesquins.

Or, à quoi avons-nous assisté au Niger ?

Pour des raisons multiples, des volontés citoyennes se sont exprimées pour souhaiter qu’un mécanisme soit trouvé pour permettre au Président de la République de briguer un troisième mandat ou qu’une rallonge de trois ans lui soit accordée pour parachever les grands chantiers qu’il a entrepris. Alors que la constitution en vigueur ne permet ni l’un, ni l’autre et qu’elle demeure insusceptible de révision sur ces questions précises.

Cependant, la question est d’une grande importance, car elle traduit tout simplement les inquiétudes légitimes que ressentent ces nombreux compatriotes à l’idée de voir s’approcher la fin du deuxième mandat du Président Tandja et en l’absence d’une alternative crédible et rassurante qui soit en mesure de poursuivre avec le même dévouement et courage politique les œuvres salvatrices en cour d’exécution.


Pour faire face à cette situation, les uns et autres se sont dit que le moment est venu de prendre le taureau par les cornes en engageant le processus du changement de la constitution de la 5ème République en adoptant une nouvelle constitution afin de rendre possible l’avènement de la 6ème République et d’engager le processus de refondation de la République qui doit prendre en charge toutes les véritables préoccupations des citoyens et leurs aspirations profondes à la bonne gouvernance démocratique et républicaine bâtie sur le socle de nos valeurs de civilisation et de notre identité culturelle.

Cette position, bien sûr, n’a pas été du goût de ceux qui ont fait déjà leur calcul et leur pronostic sur leur arrivée inéluctable au pouvoir dans la perspective de la fin du deuxième et dernier mandat du Président de la République en exercice. Ce qui les a amenés, pratiquement, à perdre leur sang froid, allant jusqu’à nier ce qu’il y a de plus cher au peuple, son droit inaliénable à l’autodétermination, à changer librement sa constitution et son orientation politique à tout moment ainsi qu’à l’exerce libre et démocratique de sa souveraineté, dont il est le  détenteur exclusif.

Nonobstant les dispositions pertinentes de la constitution en vigueur et bien qu’ils reconnaissent, sous cap, le bien fondé du cheminement juridique emprunté pour l’avènement de la 6ème République, par mauvaise foi et par cynisme, ils ont chanté, à tout bout de chemin, l’illégalité de la procédure et l’anticonstitutionnalité de la démarche.

Pire, ils ont poussé l’outrecuidance jusqu’à rejeter le recours au référendum comme voie démocratique d’exercice de la souveraineté par le peuple qui doit, en pareille circonstance, être le seul arbitre, le seul maître de son choix et de son destin. Alors que, de manière très claire, les articles 4, 5, 6 et 49 de la constitution du 09 août 1999 sont expressifs et explicites sur la question. De même, la loi 2004-046 du 16 juin 2004 ignorée délibérément par la Cour Constitutionnelle dirigée par madame Bazey et qui détermine les conditions du recours au référendum en son article 5 est très précise : « le référendum est obligatoire en matière d’adoption de la constitution ».

Cela montre de toute évidence que le législateur a bel et bien prévu la possibilité de changer la constitution par l’adoption d’une autre sans passer par une situation extraconstitutionnelle et dans ce cas, le référendum est obligatoire pour permettre au peuple d’exercer sa souveraineté en exprimant démocratiquement son vote du texte, qui lui est soumis par le Président de la République, qui est le seul habilité.

Malheureusement, toutes ces données intangibles et irréfutables pour toute personne de bonne foi, n’ont pas résisté à la complicité macabre, à l’hypocrisie et à la volonté de nuire à peine voilée de ceux qui se sont donnés la mission d’être les gendarmes autoproclamés de la bonne marche de la démocratie. Ainsi, de manière éhontée et grossière, nous constatons leur double langage et leur deux poids deux mesures dans leur appréciation de la marche de la démocratie selon les pays en fonction des intérêts stratégiques de leur mentors.

Un survol rapide de la situation de gestion démocratique en Afrique en général et dans l’espace CEDEAO en particulier montre très clairement que la situation de la démocratie au Niger, loin d’être en régression, participe plutôt du développement démocratique, alors que d’autres pays comme le Nigeria, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo et même le Sénégal sont tout, sauf un exemple de démocratie tant galvaudée.

Au Niger, les citoyens demeurent fiers d’avoir vécu l’expérience de la démocratie citoyenne, qui leur a garantit le droit d’être consulté sur des questions importantes, qui requièrent leur voix directement comme cela se fait dans toutes les grandes démocraties respectueuses du peuple et de sa souveraineté.


En choisissant la voie du référendum pour permettre au peuple de trancher directement la question sur l’adoption de la nouvelle constitution, le Niger a innové et ce faisant, a ouvert la voie du recours au référendum citoyen au reste des pays africains. Ce qui, malheureusement, n’a pas été du goût de ceux, qui ont peur de l’arbitrage du peuple et qui veulent que ce dernier soit considéré juste comme un simple bétail électoral.

C’est pourquoi toutes les personnes de bonne foi reconnaissent que le cas du Niger est manifestement l’objet d’un vaste complot pour des motivations inavouables. Ouvertement, on fait comprendre que c’est pour imposer le respect du protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance de la CEDEAO qui, du reste, n’a jamais été violé par le Niger et du coup, empêcher l’effet domino dans la région qui n’a aucun exemple de démocratie modèle à citer.

Mais, la réalité est que, le cas du Niger inquiète, non pas parce que la démocratie est en cause, mais parce que la personne même du Président Tandja, devenue de plus en plus incontrôlable par ceux qui veulent tout contrôler, inquiète.

Sa volonté affichée de poursuivre la politique de diversification des partenaires et de revalorisation de nos ressources minières et pétrolières, qui n’est pas du goût de ceux, qui les ont déjà programmé comme leur réserve, est en fait le vrai problème de la démocratie nigérienne.

Si le Président Tandja n’avait pas choisi la Chine comme nouveau partenaire dans l’uranium et le pétrole et obtenu le principe de la mise en exploitation du bloc d’Agadem ainsi que la construction d’une raffinerie et s’est montré plus flexible et malléable à volonté, personne de la communauté internationale ne serait là à écouter la sirène recrinatrice des fameux opposants, qui ont démocratiquement perdu la bataille politique à l’intérieur du pays auprès des masses populaires. Il ne faut pas que l’arbre cache la forêt !

Ces opposants ne sont que des instruments d’un vrai combat contre la volonté d’affirmation de notre souveraineté et de notre indépendance dans nos choix de politiques publiques mené de manière sournoise par des groupes d’intérêts et de pression étrangers s’appuyant sur des institutions et organisations elles-mêmes instrumentalisées et téléguidées par certaines puissances tutélaires qui, en faite, s’en foutent éperdument de la démocratie et de sa bonne marche si leurs intérêts sont garantis.

La preuve est donnée à suffisance pour le cas du Niger avec les évènements militaires du 18 février 2010, qui ont permis de voir le Président de la République et les membres du gouvernement être kidnappés par un groupe de militaires subalternes sans contrôle de la hiérarchie, faire l’objet précipitamment de soutien par ceux là mêmes, qui prétendent défendre la démocratie et qui font des reproches à l’organisation d’un référendum démocratique, qui a permis au peuple de se prononcer sur le texte qui lui a été soumis. Quel paradoxe pour la démocratie nigérienne ?!

A supposer même que le référendum du 04 août 2009 soit un simulacre qui n’aurait mobilisé que 8% des électeurs comme l’ont claironné certaines voix malhonnêtes, comment comparer sa légitimité d’avec celle d’un groupe de militaires qui a brisé la hiérarchie et qui a fait usage de la force brute au moyen des armes de la république en sa possession pour usurper la souveraineté du peuple et l’exercer contre son gré, malgré le semblant de marches de soutien orchestrées sur commande.

En démocratie, la vraie, rien ne puisse justifier un coup d’Etat militaire et surtout que des  « démocrates » se mettent à applaudir l’évènement. Le prétexte de tension politique invoqué est trop fallacieux et grotesque puisse que cela est le propre de toute démocratie. Les joutes oratoires, les contestations et les oppositions sont la caractéristique même de la vitalité de la démocratie.

L’exemple de la démocratie sénégalaise est là pour le démontrer. Jusqu’aujourd’hui, il n’est venu à l’esprit d’aucun groupe de militaire sénégalais de vouloir franchir le Rubicon pour mettre en péril la République en raison de la tension politique quasi permanente entre l’opposition et le pouvoir.

Mais, comme le ridicule ne tue pas, le Président Wade trouve des mots pour expliquer le coup de force au Niger, lui qui a trituré 19 fois leur constitution pour l’accommoder à ses désidératats.

Avant même le cessez-le-feu effectif, il a dépêché illico presto son Ministre des affaires étrangères pour venir apporter son soutien à la junte dont l’identité des acteurs n’était même pas connue en ce moment.

Comme on le voit très clairement, cette attitude de Wade et celle des représentants de la CEDEAO, de l’Union Africaine et des Nations Unies visait tout simplement à légitimer le coup de force et entraver toute velléité populaire de contestation qui pourrait, dans cette hypothèse, faire l’objet d’une répression compréhensible et cautionner d’avance. Le but de la manœuvre ne fait l’ombre d’aucun doute !

C’est pour toutes ces raisons, maintenant que les choses sont claires, tous les compatriotes en qui, ils restent un minimum de fibre patriotique, doivent se mobiliser comme un seul homme pour déjouer ce complot qui vise à nous maintenir dans le carcan stéréotypé qui nous empêche d’être nous-mêmes et d’affirmer notre souveraineté et notre indépendance réelle sur nos ressources nationales et dans le choix de nos partenaires de coopération ainsi que de nos politiques publiques.

C’est un impératif de survie pour notre pays et son peuple. Chaque citoyen doit en faire son credo. La tâche est certes ardue, mais exaltante ! La noblesse de la mission le commande ! L’enjeu du défi à relever l’exige !

C’est dans cet esprit que nous estimons que chaque citoyen doit œuvrer dans les seules voies qui vaillent, celles de la défense de la dignité et de l’honneur de la Nation et du Peuple, celles de la défense des droits inaliénables du peuple et des acquis démocratiques et républicains ainsi que celles de l’affirmation de la souveraineté et l’indépendance nationales au moment où notre pays vit sa cinquantième année d’indépendance.

Tous les nigériens, qui ont exprimé de vive voix leur souhait de voir  notre pays s’engager dans le processus de la refondation de la République pour rassurer le peuple, restaurer et crédibiliser l’Etat, promouvoir la bonne gouvernance démocratique et éthique, rétablir l’équité et la justice, lutter contre la corruption, l’enrichissement illicite et l’impunité, lutter contre la politique du partage, la médiocrité, l’exclusion et la discrimination sous toutes ses formes, promouvoir le mérite et l’excellence ainsi que l’adoption des réformes idoines exigées par les circonstances pour rendre possible l’émergence du Niger dans un cadre démocratique et républicain viable, fiable et assaini qui puisse garantir le bien être individuel et collectif, doivent plus que jamais se convaincre que c’est  la seule voie de salut.

Au demeurant, il apparaît grandeur nature que tous les actes que la junte a posé jusque là s’inscrivent essentiellement dans la logique de la refondation de la République avec malheureusement moins d’ambition et de conviction. Ce qui démontre clairement le caractère incontournable des idéaux de la refondation et délégitime tous les arguments fallacieux et intéressés avancés pour combattre la 6ème République, qui devait servir de cadre institutionnel et juridique de mise en oeuvre.

Alors chers compatriotes, qui croient à la refondation de la République comme l’alternative crédible pour la promotion de la démocratie citoyenne, la sauvegarde de notre dignité et la construction d’une Nation digne et prospère, soyons résolus et déterminés dans cette voie salvatrice de la dignité et de l’honneur. Restons débout et engagés pour barrez la route aux fossoyeurs de la vraie démocratie citoyenne.
Faisons en sorte que tous les acquis sociaux, démocratiques et républicains garantis par la 6ème République soient sauvegardés et que les autorités de fait ne puissent pas les remettre en cause.

De même, nous devrons continuer à exiger la libération sans condition du Président de la République SEM Tandja Mamadou et les autres détenus arbitrairement par la junte dans la mesure où il apparaît très clairement que notre pays a fait l’objet d’un complot savamment orchestré pour nuire à notre processus de libération national et d’affirmation de notre souveraineté et notre indépendance tant politique qu’économique.

Ayons tous la tête froide et regardons bien les choses pour ne pas continuer à nous diviser et à nous chamailler au profit exclusif des intérêts, en fait, de ceux qui tirent les ficelles et nous tournent en bourrique.

La Démocratie que nous voulons pour le Niger reste et demeure celle qui rassure le peuple et lui assure le bien être individuel et collectif dans la dignité et dans l’honneur et non la démocratie formalité qui se résume à la tenue des élections et à l’alternance sans alternative crédible.

Le peuple doit être l’arbitre suprême pour l’arrivée ou le maintien au pouvoir de tout dirigeant dans un cadre démocratique et républicain normal, loyal et transparent. Soyons donc juste avec le peuple, évitons de l’infantiliser et reconnaissons lui la maturité citoyenne pour savoir choisir ce qui est bon pour lui et sanctionné ce qui ne lui convient plus.

D’autre part, la réconciliation, dont parle tant la junte, ne peut se faire que lorsque toutes ces questions sont bien élucidées et que seuls les intérêts supérieurs de la Nation et du peuple sont mis en avant. Les manœuvres sournoises de ceux qui veulent tirer la couverture vers eux en se présentant comme les bons et les autres comme les mauvais, qui doivent disparaître de la terre, pour avoir simplement exercé et jouit de leurs droits de penser autrement en vertus de la liberté d’opinion et du droit à la différence dans le strict respect des lois et règlements en vigueur, prouvent si besoin en est, que nos fameux démocrates confirment, par leurs actes, qu’ils sont tout sauf ce qu’ils veulent paraître.  

Cette attitude traduit tout simplement qu’ils n’arrivent pas à soutenir le débat démocratique et à accepter la différence. Ils restent emmurés dans une logique bâtie sur des idées reçues, hostiles aux nouvelles initiatives porteuses de changement et de progrès, qu’exige le nouveau monde en perpétuelle mutation.

En voulant s’appuyer sur une prétendue violation de la constitution et le non respect des décisions équivoques de la Cour Constitutionnelle pour fonder leur récrimination, nos démocrates témoignent ainsi de leur accointance et de tout l’espoir qu’ils ont fondés sur cette institution  considérant que ces décisions  même sans base légales s’imposent à tous.

Alors que, les décisions de justice, pour s’imposer à tous, doivent en toute circonstance obéir à l’esprit et à la lettre des articles 99 et 100 de la constitution du 09 août 1999 qui disposent respectivement que « la justice est rendue sur le territoire national au nom du peuple et dans le respect strict de la règle de droit ainsi que des droits et libertés de chaque citoyen » et que « dans l’exercice de leur fonction les juges sont indépendants et ne sont soumis qu’à l’ autorité de la loi » et non à des pressions ou considérations d’aucune sorte et de qui que se soit. Mais, qu’à cela ne tienne! Wait and see !  

Entre temps, tous les acteurs de la refondation doivent retenir que leur choix reste et demeure un choix de la dignité et de l’honneur qui ne doit en aucun être ébranlé par des manœuvres sournoises de ceux, qui sont prêt à pactiser même avec les ennemis du peuple et de la Nation pour assouvir leurs intérêts mesquins et égoïstes ainsi que leur soif du pouvoir.

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