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[Contribution] Tandja, le bâtisseur !

  • Par biacorp
  • Le Mer 24 Mars 2010
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[Contribution] Tandja, le bâtisseur !

Écrit par Alain Paul NICOLAS

Tandja MamadouDepuis le décès du président Kountché (1987) et la kyrielle de coups tordus dont celui du colonel Barré (devenu général par la grâce d’un coup d’État puis président) cela faisait longtemps que le Niger n’avait pas bénéficié d’une telle stabilité politique.


Cette stabilité fut possible grâce au président Mamadou Tandja. Disons-le d’emblée, je ne suis pas Nigérien, j’ai un regard neutre sur les événements de ce pays. (1) Les deux mandats du président peuvent constituer un modèle pour une bonne gouvernance en Afrique.

Le président a su défendre les intérêts de son pays face à la société Areva et obtenir une augmentation du prix de vente de l’uranium – le Niger est le cinquième producteur mondial. Il a également diversifié les investisseurs étrangers tel la Chine par exemple. Sans compter les nombreuses sociétés étrangères déjà en activité depuis de nombreuses années Malheureusement, il est à redouter que sur le long terme les énormes besoins de la Chine en matières premières puissent se révéler désastreux pour non seulement le Niger mais l’Afrique en règle générale. Sans oublier les inconvénients sur l’environnement et la santé publique. Ce problème fait déjà débat au Niger en ce qui concerne la société Areva et ses sites d’exploitation.

Le Niger de 2009 fut en pleine mutation industrielle. L’extraction de nouvelles richesses devrait rehausser le niveau de vie des Nigériens ; de tous les Nigériens, Touaregs compris. Cela ne pourra s’effectuer que sur le long terme. Il faudra beaucoup de patience aux uns et aux autres et beaucoup de sagesse au président Tandja et à son successeur.


Le Niger s’est modernisé dans la construction d’habitations en dur.

De grands chantiers sont en cours de réalisation :
- deuxième pont à Niamey ;
- centrale thermique à Tahoua ;
- barrage hydroélectrique à Tillabéry.

Sans oublier d’autres projets tels :
 
- une mine de charbon à Salkadama ;
- une cimenterie à Kao ;
- une usine de phosphate à Aneker

Reste bien sûr l’épineux problème des Touaregs. Tout du moins ceux qui ont une fois de plus pris les armes, comme si le conflit armé était la solution à tout règlement. Deux principaux mouvements sont en cause, le FFR (Front des forces de redressement) et le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice).
Mamadou Tandja a toujours considéré ces Touaregs comme des terroristes et refuse toute négociation avec eux tant qu’ils ne poseront pas leurs armes.
La solution à cette crise entre l’État et les responsables politiques touaregs pour un bon usage des richesses se trouvant sur leurs terres reste du seul domaine politique. Il est plus que temps de trouver un accord de partenariat entre les deux parties.

Pour Mamadou Tandja l’heure de la reconversion devait sonner à la fin de l’année 2009, et à l’image d’Alpha Oumar Konaré, le président pouvait se retirer tranquillement en laissant une image positive de lui-même. Mortel ! Nous le sommes tous. Ses réalisations et ses grands chantiers survivront à Mamadou Tandja et non l’inverse…
Malheureusement et pour le malheur des Nigériens, Mamadou Tandja a préféré utiliser la force afin de se maintenir au pouvoir, comme l’avait fait auparavant le président Barré avec la fin de que nous connaissons. Tandja, lui, échappera à la mort, ce n’est qu’un renvoi d’ascenseur de la part des putschistes ; certains d’entre eux, ceux qui avaient participés à l’assassinat de Barré, ne furent jamais poursuivis ! Au Mali, l’ancien président était un civil.

La question fondamentale, aujourd’hui, est de concilier la tradition et la modernité, tout en se rappelant que le Niger existait bien avant l’arrivée des colonisateurs français. La plaie du Niger c’est déjà sa Constitution copiée sur celle de la France. Depuis l’arrivée à la tête de l’État du premier président nigérien, les Français, sous couvert de vouloir aider leur nouveau partenaire, n’ont cessé jusqu’à ce jour, de défendre leurs intérêts au détriment de ceux des Nigériens.
Il semble urgent pour sortir de l’instabilité politique de repenser l’État, son système politique, la représentation et le rôle de la chefferie – cette dernière ne pouvant être crédible qu’en restant neutre –, la place de l’armée et ses interventions au niveau international.

Une assemblée sous l’égide du Conseil constitutionnel pourrait voir le jour, composée de représentants : des partis politiques, de la société dite civile, des étudiants, de militaires, des chefs religieux, des rois, afin de concocter un nouveau système politique.
Les monarchies constitutionnelles européennes (ces systèmes politiques sont d’ailleurs majoritaires) ne sont ni des régimes dépassés ni obsolètes et sont de véritables démocraties. Ce système politique permet au Premier ministre en exercice d’appliquer la politique pour laquelle son parti s’était engagé au moment des élections législatives, puisqu’il n’y a pas d’élection présidentielle. Le Niger est composé de nombreux royaumes avec à leur tête des rois… Le débat est lancé.

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