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Dossiers des scandales financiers Les proches de Djibo Salou ne laissent aucun choix au régime actuel

  • Par biacorp
  • Le Mer 13 Juil 2011
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Par Elhadji Amadou Mahamadou

   Rendons à César ce qui est à César. C’est de son propre chef que le Gouvernement a pris le taureau par les cornes en limogeant trois hauts cadres du Ministère des Finances, supposés impliqués dans des malversations financières. C’était à la sortie d’un Conseil des Ministres présidé par le Chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou. Ce fut également le point de départ des révélations, par médias interposés, d’une véritable mafia ayant opéré pendant la transition du CSRD et dont l’étalon de mesure en matière de détournement des deniers publics est le milliard.

Malgré les bonnes intentions du Président Issoufou vis-à-vis du Général Djibo Salou, les proches de ce dernier ne laissent guère de choix au premier. D’où l’incontournable question de savoir jusqu’où ira le régime Issoufou dans la répression de la délinquance économique, financière et fiscale.

Au fil des jours et des semaines, on découvre avec étonnement pour certains et sans surprise pour d’autres, que l’action de restauration de la démocratie par les hommes du 18 février 2010 s’est accompagnée d’une véritable prédation des ressources nationales. Pendant que le Général restaurait la démocratie et la bonne gouvernance, ses proches se restauraient.

 

Ces derniers, emportés par leur boulimie, fauchent l’herbe sous les pieds du successeur de Djibo Salou. En effet, comment punir les actes de l’entourage de celui-ci sans découvrir la carapace de sécurité dont il doit bénéficier, lui, qui a courageusement quitté le pouvoir après des élections reconnues comme crédibles ? Mais, la marche de l’Etat ne peut s’accommoder des dilemmes insolubles. C’est pourquoi, le Gouvernement avait décidé de prendre les devants en limogeant ces hauts cadres et en initiant des Inspections d’Etat dans certaines institutions. A travers l’adoption de ces deux mesures à forte dose pédagogique, le gouvernement marque un signal fort pour l’avenir de la lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale ainsi qu’il garde la haute main sur toute initiative de promotion de la bonne gouvernance.

D’une pierre, deux coups, quoi ! Du reste, s’il ne le fait pas, l’expérience du Niger a démontré qu’il laissera un grand vide que les médias indépendants, l’opposition politique et la société civile combleront, tôt ou tard. En devançant donc tout le monde, le Gouvernement occupe aussi bien le terrain de la dénonciation que celui de la répression. Cette dernière devant se faire dans les règles de l’art qu’impose un état de droit. C’est en agissant ainsi, et non autre- ment, que le régime imprimera son label et dirigera différemment de ses prédécesseurs. La gouvernance pour les cinq (5) prochaines années doit surtout être le reflet des aspirations, des valeurs et autres principes incarnés par Issoufou Mahamadou. Même si, de l’avis général, sa baraka repose sur la touche personnelle qu’il mettra à faire face, à moindre casse, aux protestations qu’une telle action, somme toute salvatrice, soulèvera au sein de sa majorité.

Il lui faut, en fait, savoir marcher sur des œufs sans les casser car après il faut en faire une omelette qui pouvait se révéler indigeste ! Quoiqu’il en soit, le Chef de l’Etat et le Gouvernement couvent des motivations qui ne sont pas étrangères aux informations de plus en plus concordantes faisant savoir que les partenaires du Niger attendent eux aussi des signaux clairs par rapport à la lutte contre l’impunité pour ouvrir grandement leurs ‘’poches’’. En effet, comment comprendre la misère d’un pays où le milliard est devenu l’étalon de détournement ? Si cela est, le gouvernement, fort du soutien populaire et des attentes des bailleurs de fonds, doit vite aller à la mise en place d’une commission chargée de ce volet. Rien n’est de trop pour protéger les maigres ressources nationales de l’appétit vorace d’une catégorie des politiciens et techniciens à leur solde.

Et pour y parvenir, le gouvernement doit rester maître du jeu et aller jusqu’au bout de sa logique. Tout esprit discriminatoire doit être banni afin que chaque délinquant paye pour ses fautes. La démocratie de la justice est celle qu’attend le peuple nigérien de part qui, le régime actuel tient la légitimité et la légalité nécessaires pour agir au mieux des intérêts de celui-ci. Le bout du tunnel est à ce prix. Point de palabres oiseuses dans lesquelles personne ne reconnaîtra le Président Issoufou.

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