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Du fin fond de sa cellule de la prison de Koutoukalé: Ce que Hama Amadou a dit à Tandja

  • Par biacorp
  • Le Jeu 25 Mars 2010
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Du fin fond de sa cellule de la prison de Koutoukalé: Ce que Hama Amadou

a dit à Tandja

Écrit par Une enquête de Hama Ibrahim (Le FLIC N° 181 du mardi 23 Mars 2010)

«Si vous me demandiez de venir vous soutenir politiquement… j’obéirais pas fidélité à votre égard. Mais je n’accepterai jamais que vous tentiez de placer Seyni Oumarou au-dessus de ma… Tête».

 
Il y a des histoires qui ressemblent à des fictions tant la réalité parait invraisemblable. Et pourtant, si nous savions ce que le destin trame, ce que la fatalité tisse sous nos pieds, nous ne nous étonnerons de rien. L’histoire de l’ex-Premier ministre Hama Amadou est de celles-là. Anciennement Président du MNSDNassara, le plus grand parti sur l’échiquier politique national et membre de la majorité présidentielle dont est issu le Président Tandja Mamadou. Premier ministre pendant 7 ans et dauphin pressenti de ce dernier, l’homme avait toutes les cartes en main pour réussir une carrière politique hors du commun. Mais c’était sans compter avec la détermination de ses adversaires politiques qui, grâce à une campagne de déstabilisation menée tambour battant, parviendront à provoquer sa chute.

Le 31 mai 2007, Hama Amadou et son gouvernement furent évincés par une motion de censure. Un an plus tard, Hama sera poursuivi pour détournement d’un fonds d’aide à la Presse et écroué à la Prison de Haute Sécurité de Koutoukalé. Si pour ses adversaires politiques, Hama Amadou était mort et enterré politiquement, ses partisans et une partie de l’opinion nationale s’insurgèrent contre la méthode utilisée pour l’abattre ; laquelle s’apparentait à leurs yeux, à une inquisition et/ou un harcèlement planifié contre leur leader. Lorsque ceux qui avaient contribué activement à «l’opération» qui visait à évincer Hama + de la Primature, découvriront à leur tour que Tandja n’était pas prêt à leur donner le pouvoir, ils auront vite fait de créer un front commun qui avait pour mission de contrecarrer par tous les moyens les élans du pouvoir notamment la réalisation du pro- jet dénommé «Tazartché» ou la prolongation du mandat présidentiel pour 3 autres années.

 
Cependant, pour apaiser les tensions politiques nées de l’entêtement du Président Tandja Mamadou de s’incruster au pouvoir, des Sages Nigériens lui proposèrent de créer un comité qui aura pour mission de mener des négociation avec tous les acteurs politiques Nigériens notamment Hama Amadou dont les partisans tenaient le haut du pavé de la contestation contre Mamadou Tandja. Pour commencer, le comité prit contact avec les chefs religieux des diverses confessions, les responsables des associations de défense des droits de l’homme, les leaders politiques etc… Après quelques rencontres, les modalités pratiques des négociations furent arrêtées. Les Négociations Secrètes entre le président du comité, l’ex-ministre Mallam Mamane Sani et Hama Amadou à la Prison de Haute Sécurité de Koutoukalé. Pendant ces négociations, Hama Amadou serait allé jusqu’à concéder de souscrire à un soutien ferme et déterminant à apporter au Président Tandja Mamadou. Précisément il dira ceci :
 
«Si Tandja Mamadou demandait de m’écarter de n’importe quel poste politique à son profit, je lui obéirais par fidélité à son égard ; si Tandja me demandait de venir le soutenir pour la réalisation de tous les projets politiques quel qu’ils soient, je n’aurais aucune hésitation à lui apporter ma contribution comme par le passé. Mais je n’accepterai jamais et au grand jamais qu’il veuille mettre SEYNI OUMAROU au-dessus de ma… Tête».
 
Le président du comité, Mallam Mamane Sani resituera l’intégralité des entretiens qu’il eût avec Hama Amadou au Président Tandja à l’issue de trois audiences au Palais de la Présidence. Malheureusement les négociations, comme on le sait aujourd’hui, échouèrent pour une seule raison. Les plus farouches adversaires de Hama Amadou en l’occurrence les sieurs Albadé Abouba, ex-ministre d’Etat, Foukori Ibrahim, ex-Administrateur Délégué de la NIGELEC, Bachir Yahaya, ex-ministre-directeur de Cabinet de Tandja Mamadou, avec la bénédiction de Hadja Laraba Tandja, s’opposèrent à l’idée d’une éventuelle libération de Hama Amadou. Pour influencer d’avantage le Président Tandja, ils ameutèrent d’autres adversaires politiques à ce dernier et chacun d’entre eux y alla de sa rengaine :
 
«...Hama Amadou est une panthère blessée, si vous le relaxez, il va se retourner contre le pouvoir, et tout le monde connaît sa capacité de nuisance...» ou bien «...c’est une vraie folie de libérer Hama Amadou en ce moment où nous avons besoin de la cohésion dans nos rangs. Or, celui-ci va s’ingénier à nous diviser pour mieux nous abattre politiquement au finish… » Il n’était pas jusqu’aux membres influents des autres partis politiques au sein de la majorité présidentielle qui, visiblement soucieux d’être maintenus à leurs postes juteux, ne se rangeaient à cet avis. Les arguments développés finirent par dissuader Tandja de ne pas faire libérer Hama. Plutôt il trancha en faveur de ceux qui tenaient mordicus à sa détention prolongée dans la célèbre prison de Haute Sécurité de Koutoukalé.

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