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Interview de l’ancien Conseiller du Président Tandja (2e partie)

  • Par biacorp
  • Le Jeu 15 Avr 2010
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Écrit par (A suivre) Interview réalisée par Hama Ibrahim (Le FLIC N° 184 du mardi 13 Avril 2010

Suite à la publication de l’interview de l’ancien Conseiller du Président Tandja Mamadou, notre standard fut saturé de coups de fil. Tous les appelants tenaient mordicus à savoir l’identité de ce mystérieux Conseiller qui est sans aucun doute un habitué des arcades des 5ème et 6ème Républiques du Président Tandja Mamadou. Parce que les révélations qu’il avait faites sur les hommes et le fonctionnement de ce régime sont aussi croustillantes qu’inédites. Cette semaine encore, nous publions la suite de son interview. Il parle de Seyni Oumarou, précisément ses rapports avec Tandja Mamadou, des frasques de Laraba Tandja, la première épouse du Président Tandja et des impairs commis par plusieurs barons du régime. Des révélations qui jettent un peu plus de lumière sur les intrigues politiciennes qui eurent cours pendant ces Républiques…

 
‘’ Seyni Oumarou était tout sauf un fervent Partisan du Tazartché. D’abord l’entourage immédiat du Premier ministre notamment son Directeur de Cabinet/adjoint n’avait jamais fait mystère de son désintérêt pour le Tazartché. Mieux, Seyni, lui-même ne manifestait aucun enthousiasme à cette opération’’.
Le Flic : Dans la première partie de cette interview, vous disiez que tous les leaders politiques, d’une manière ou d’une autre, étaient au centre de l’opération dite «Tazartché» qui a consisté à accorder un bonus de 3 ans au président Tandja Mamadou.
 
Ancien Conseiller : Vous êtes trop pressé. Il me semble vous avoir déjà dit que nous aurons tout le temps de revenir sur ce sujet qui, visiblement vous tient à coeur. Dans tous les cas, je voudrais que vous sachiez ceci : Si le Tazartché fut accueilli tardivement par un concert de protestations venant de certains partis politiques regroupés au sein de la CFDR, c’est parce que tout simplement les «deals» (les compromis) qui avaient été concoctés entre le Président Tandja Mamadou et quelques uns de ces responsables politiques finirent par voler en éclats pour des raisons purement objectives (histoires d’argent, problèmes de leadership).
 
Le Flic : Vous parliez de «deals» ? Est-ce à dire que tous les leaders politiques nigériens avaient souscrit d’apporter un soutien ferme au Tazartché ?
 
Réponse : Vous êtes incorrigible vraiment. Pourquoi vous tenez tant à aborder ce sujet uniquement. Je promets d’y revenir avec plus de détails avant la fin de cette interview..
 
Le Flic : Monsieur le Conseiller, pourriez-vous nous dire quel était l’état des relations entre Tandja Mamadou et son Pre-mier ministre Seyni Oumarou ?
 
Réponse : Ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Tandja nous a toujours dit en privé que Seyni Oumarou est un homme pondéré et serein. Il ajoutait que celui-ci n’était ni un affabulateur, ni un calculateur. Il était égal à lui-même : simple, discret, humble : Il ne tarissait pas d’éloges sur son Premier ministre. Plus qu’un simple collaborateur, Tandja Mamadou le considérait comme un frère à part entière. Naturellement cette attention tout particulière qu’il accordait pour son Chef de gouvernement allait susciter des jalousies terribles chez certains hauts responsables du Bureau politique du MNSD dont entre autres Alma Oumarou, Président de la section de Zinder, Foukori Ibrahim, président de la section de Diffa, Harouna Hamani président de la section de Dosso, Ali Sabo, président de la section de Maradi qui, à l’issue d’une réunion secrète, envisagèrent de réfléchir sur les voies et moyens pour mettre Seyni Oumarou en minorité et le forcer à abandonner la tête du MNSDNassara. N’eût été le coup d’Etat du 18 février dernier, ce dernier seraient en grande difficulté au sein dudit parti.
 
Le Flic : Ainsi donc le MNSDNassara était en butte à des intrigues politic iennes même après le départ de Hama Amadou et de ses farouches partisans. D’ailleurs, je ne comprends pas que Seyni Oumarou qui était chouchouté, selon vous, par le Président Tandja, puisse être inquiété par les rancoeurs de quelques barons du MNSD fabriqués de toutes pièces par ce même Tandja Mamadou ?
 
Réponse : Seyni Oumarou a prêté le flanc. Il était tout sauf un fervent Partisan du Tazartché. D’abord l’entourage immédiat du Premier ministre notamment son Directeur de Cabinet/adjoint n’avait jamais fait mystère de son désintérêt pour le Tazartché. Seyni Oumarou, lui-même ne manifestait pas un grand enthousiasme à cette opération. Vous devinez bien que ses adversaires politiques eurent vite fait d’informer le Président sur les supposées réticences de Seyni Oumarou et de son en- tourage à soutenir le Tazartché. Plusieurs émissaires lui firent envoyés «directement» pour le sensibiliser sur le bien fondé du bonus de 3 ans à accorder au Président Tandja. Malgré cela, les adversaires politiques du chef du gouvernement ne baissèrent pas les bras. Ainsi, pendant la campagne référendaire, ces derniers n’eurent de cesse de reprocher à Seyni Oumarou de ne pas mentionner les mots «Tazartché et refondation» dans tous ses discours politiques.

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