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Interview imaginaire avec Mme Z.Y

  • Par biacorp
  • Le Mar 09 Nov 2010
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Ecrit par BIACORP

Ayant voulu connaitre les derniers développements de l’affaire IBRO Ayouba, je me
rendis à la DGD pour éviter une interprétation partielles et partiale, soucieux
de la déontologie et du sens du devoir. Dans la salle d’attente, une pléthore
de gens attendent, certains ayant l’air de se morfondre, d’autres présentent
des signes d’impatience, preuve qu’ils sont là depuis assez longtemps.

   Déjà ma carte de presse flanquée à la poitrine, je me mis à la fin de la file d’attente
m’interrogeant si je peux avoir un entretien aujourd’hui. Arrive quelqu’un à
l’allure du responsable du protocole (c’est plus tard que j’appris que c’est un
conseiller) qui sourit à la vue de ma carte de presse comme s’il était promu
Directeur général.

-        Conseiller : Monsieur de la presse, bienvenue dans un monde de renouveau ; nous sommes
dans un siècle de communication. La communication gouverne le monde et nous
sommes convaincus que tant que vous nous appuyez, nous parviendrons à tripler
les recettes.

-        Je le regardais un peu ébahis cherchant le lien entre le sujet qui nous préoccupe et la montée
en flèche des recettes).

-        Je vais vous annoncer à la patronne.

-        Je regardais l’assistance un peu gêné mais encore plus, quand 5 minutes plus tard, il
m’ouvrit la porte en laissant passer deux autres confrères.

-        J’interrogeais l’assistance et ayant compris mon inquiétude, il prit les devants.

-        Ne vous inquiétez pas ce sont des usagers ; ils accordent bien quelques minutes à la presse.

Après les salutations d’usage, cette dame que je fixai tente d’éviter mon regard et comme
sans que je ne puisse placer un mot :

-        DGD : êtes-vous des nôtres ou êtes-vous de l’autre
côté auquel cas je vous vide sans vous accorder quoique ce soit ?

-        Le journaliste : je lance un nouveau journal, du moment où « cette affaire fait la
une », je voudrais en parler.

-        DGD : très bien ! C’est de ce genre d’organe que nous avons besoin car nous
interviendrons pour vous lancer. Vous assurez une publication régulière, de la
publicité avec les partenaires sur lesquels nous avons une certaine influence,
de l’argent de poche et peut être même que SINKA que je vais appeler tout à
l’heure peut vous offrir une voiture pour assurer vos reportages. Çà c’est
entre autres ce que nous vous promettons, car il y a d’autres adresses qu’on
vous glissera et qui vous dépanneront de temps à autre. C’est dire que vous
serez à l’abri du besoin.

-        Le journaliste : mais…

-        DGD : des scrupules ? Jeune homme, sachez faire le bon choix, soyez toujours du
côté du plus fort et vous serez à l’abri du besoin. Vous voulez parler du
journalisme alimentaire ? Qui ne travaille pas pour son ventre
d’abord ? L’essentiel c’est de se tirer à bon compte. Vous n’avez pas la
prétention d’être meilleur que tous ceux qui ont passé à la caisse quand
même ; pourtant, ils n’ont eu aucun état d’âme à prendre ce qu’on leur a
offert et ils ont fait plus qu’on en avait besoin, mais à la guerre comme à la
guerre, on peut utiliser des moyens non conventionnels.

-        Journaliste : mais on parle de diffamation et elle est puni par la…

-        DGD : la loi c’est moi, je suis du pouvoir, j’ai toutes les possibilités, j’ai les juges
avec moi. Tenez, vous n’êtes pas surpris que j’ai réussi à obtenir la
suspension, en l’absence d’un Ministre, signée nuitamment par un Secrétaire
Général et c’est resté tel. Je suis très écoutée au sommet et avec ma façon de
présenter les choses, c’est imparable.

-        Journaliste : l’intéressé a parlé de menson...

-        DGD : arrête ! Tu commences par m’irriter et si jamais ce mot sort de ta bouche,
je peux te faire enfermer pour tentative d’escroquerie, injures à agents dans
l’exercice de ses fonctions, tentatives de vole par effraction, violation de
domicile, etc. Ceux que tu vois dans la salle d’attente sont des gens qui
attendent un service et ne peuvent témoigner contre moi. Il y a des expressions
qu’il faut éviter en public quelle que soit la vérité qu’elles renferment.
L’intéressé est entrain de l’apprendre à ses dépends. Il n’y a aucun problème
de fond, aucun problème de fraude encore moins un problème de responsabilité.
Je l’avais chargé à dessein pour qu’il se taise une bonne fois pour toute et
laisser couler l’eau, mais il m’a traitée de menteuse, moi DG des douanes,
membre du CSRD, en dépit de mon âge et de ma notoriété et pour ce simple fait,
il va le payer. J’ai demandé à ses amis et à toutes ses relations d’aller lui
demander de s’excuser publiquement et je passe l’éponge, mais son entêtement
risque de le perdre.

-        Journaliste : seulement çà ?

-        DGD : tu es aussi stupide apparemment ; tu ne vois pas ce que ça fait de traiter
une dame comme moi de menteuse ? Même si par ailleurs j’ai affirmé qu’on
l’a vu à bord d’un camion, qu’il a déclaré autre chose que e que contenait le
camion, qu’il y a des droits compromis de 18 millions (çà c’est SINKA qui avait
des comptes personnels à régler), qu’il était pleinement responsable. Tout çà
c’était pour la presse, pour l’intoxication. Ça m’avait vraiment échappé quand
j’ai signé ce papier et envoyé au Ministre, mais tout çà ne lui donne pas le
droit de me traiter de menteuse.

Malgré la climatisation que j’avais du mal à supporter, la DGD transpirait comme si elle
vient d’être posséder par un esprit, un changement visible s’opérait en elle
avant de continuer.

 -        DGD : nous l’avons chargé parce que c’était nécessaire, il embêtait tout le monde
avec sa droiture, l’orthodoxie douanière, la probité et que sais-je encore. Il
fallait casser l’ardeur de ce jeune qui croyait être le juge Falcone et tous
les autres sont pourris comme la Camorra y compris moi. Il fallait le salir
pour contenter certains collaborateurs et on fait match nul.

-        Journaliste : d’accord, d’accord, mais mon entretien porte sur un faux que vous
aurez confectionné et remis à la……..certains auraient découvert la supercherie.

-        DGD :
ah bon ? On me disait pourtant que c’était parfait ; ce qui a fit que
je n’ai même pas beaucoup fait d’attention et comme vos confrères sont toujours
à nos portes, je leur ai balancé ça comme çà. Ce n’est pas grave, je suis la
maîtresse du jeu, j’arrangerai ça. J’ai même le pouvoir de suspendre toute
poursuite.

-        Journaliste : ah bon ?

-        DGD : mais petit, tu minimises ma puissance car tu ne connais pas véritablement le
pouvoir d’argent et la détermination d’une femme qui, malgré tout, se sent
offensée d’entendre certaines vérités publiquement ; il n’a pas fini de me
sentir. C’est pourquoi, on a encore besoin de vous les journalistes :
intoxiquez, désinformez à loisir, déformez, manipulez, mais surtout chargez-le
davantage. Il faut qu’on le mette K.O, le liquider ; le reste c’est mon
affaire. Voilà ton cahier de charge.

Pour me signifier la fin de l’entretien, de son tiroir, elle sort une enveloppe contenant de
l’argent que je n’ai jamais eu de ma vie, appela le conseiller.

-        DGD :
tu lui donneras la commande et on verra ses propres efforts dans le courant de
la semaine. N’oublie pas son carburant. Jeune homme, j’ai appelé SINKA, il
t’attend pour la suite de l’entretien et le reste.

-        Journaliste : mais Madame, chez votre SINKA, il paraît qu’un agent est entrain de
rugir et traite SINKA de tout parce qu’il aurait abusé de lui.

-       DGD :
ne t’inquiètes pas, on le mettra au pas. SINKA saura bien inventer quelque
chose contre lui, ou il marche ou il perdra.


J’ai quitté à la DGD avec deux convictions : la
première est que j’ai vécu durant mon entretien dans un monde irréel, j’ai vécu
une autre époque, l’époque de non droit, j’ai vécu le monde de la passion
aveugle. La deuxième impression c’est que cette administration a cessé de
fonctionner depuis le déclenchement de cette cabale et la DGD semble être

plutôt transformée en maison de la presse.

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