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Japon: les opérations s'accélèrent à Fukushima, alerte au lait contaminé

  • Par biacorp
  • Le Sam 19 Mars 2011
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Ecrit par Biacorp

  La perspective d'un retour de l'électricité dans la centrale nucléaire de Fukushima suscitait l'espoir samedi, huit jours après le séisme et le tsunami qui ont fait plus de 7.000 morts selon le dernier bilan.

Une première alerte à la contamination de produits alimentaires a été déclenchée après la découverte de niveaux anormalement élevés de radioactivité dans du lait et des épinards de deux préfectures proches de la centrale. Ces niveaux ne sont pas dangereux pour la santé, a toutefois assuré le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano.

A Fukushima, les opérations se sont accélérées dans la journée pour tenter de refroidir les réacteurs endommagés et éviter ainsi un accident nucléaire encore pire que celui de Tchernobyl en 1986.

Des électriciens ont travaillé d'arrache-pied pour rétablir l'alimentation électrique dans la centrale après avoir réussi à y tirer une ligne à haute tension. Mais ils n'ont pu alimenter un premier réacteur dès samedi comme les autorités l'avaient prévu. "L'électricité n'a pas encore été rétablie car il faut faire plusieurs vérifications, des zones baignant dans l'eau de mer", sans provoquer de court-circuit, a expliqué un porte-parole de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco), Fumiaki Hayakawa.

Les autorités espèrent que le réacteur pourra être alimenté dimanche, avant de faire de même avec les cinq autres, dont les 3 et 4, les plus endommagés.

Les techniciens ont une énorme pression sur les épaules car le rétablissement de l'électricité est essentiel pour relancer les pompes qui fournissent de l'eau au système de refroidissement des réacteurs et remplissent les piscines où est entreposé le combustible usé.

Leur assèchement menace de libérer d'importantes quantités de radioactivité dans l'environnement.

En attendant, les autorités continuaient de refroidir les installations à l'aide de camions citernes équipés de canon à eau, qui devraient désormais opérer 24 heures sur 24, selon le ministre de la Défense Toshimi Kitazawa. Ces opérations constituent "une course contre la montre", avait reconnu vendredi Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Pour tenter de rassurer la population, l'AEIA a annoncé qu'elle allait effectuer des mesures de radioactivité à Tokyo, distinctes de celles du gouvernement.

Les autorités nippones affirment que les niveaux de radiation ne sont pas dangereux au-delà d'une zone de 30 km autour de la centrale. La défiance est forte parmi les habitants des régions alentour face aux informations jugées trop techniques et parcellaires données par le gouvernement.

"Je veux juste que le gouvernement nous dise la vérité", a déclaré Teechi Sagama, un directeur d'école de Miyako, au milieu de la zone dévastée.

Dans les pays étrangers, les craintes demeurent également élevées malgré les messages rassurants des organisations internationales comme l'OMS.

Selon le ministère américain de l'Energie, des traces d'une radioactivité "minuscule" provenant de Fukushima ont été détectées vendredi en Californie pour la première fois.

Le bilan humain du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays le 11 mars s'est encore aggravé avec 7.320 morts confirmés et 11.300 personnes toujours portées disparues.

Alors que les espoirs de retrouver des survivants se sont évanouis, les soldats croyaient avoir découvert samedi un "miraculé" dans les décombres d'une maison. Mais ce jeune homme, retrouvé "en état de choc", était en fait simplement rentré chez lui.

"Lorsqu'il a été transporté à l'hôpital, un pompier l'a reconnu et a déclaré aux sauveteurs que le jeune homme séjournait depuis une semaine dans un centre pour réfugiés", a expliqué un porte-parole de l'armée.

La situation humanitaire reste précaire pour les quelque 400.000 sinistrés, confrontés aux risques sanitaires ainsi qu'aux pénuries d'eau courante et d'électricité dans certains centres d'hébergement.

Mais ils ont bénéficié samedi d'un réchauffement des températures, glaciales ces derniers jours, qui ne pourrait être que temporaire, de la pluie et de la neige étant prévues pour dimanche.

"Une grande proportion des évacués sont des personnes âgées, qui souffrent de rester allongées dans des gymnases, avec des couvertures fines et pas suffisamment de chauffage", a témoigné Patrick Fuller, porte-parole de la Fédération Internationale de la Croix Rouge.

La construction de 200 maisons temporaires a débuté dans la préfecture d'Iwate, où un programme de 8.800 nouveaux logements a été établi.

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, n'a pas fait appel à l'aide financière étrangère mais de très nombreux pays, organisations, stars et particuliers ont envoyé des dons, témoignant de l'émotion immense provoquée par la catastrophe.

Selon une étude scientifique japonaise, la vague la plus haute du tsunami a atteint 23 mètres.

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