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l’opposition suspend sa participation à l’audit du fichier électoral

  • Par biacorp
  • Le Sam 19 Déc 2015
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Au Niger, l’opposition a suspendu mardi sa participation à l’audit du fichier électoral qui devait s’achever le 18 décembre, et a réclamé l’intervention d’un « cabinet international, indépendant et crédible ».

Le pouvoir et l’opposition étaient tombés d’accord, samedi 12 décembre, pour un audit du fichier électoral, qui devait s’achever vendredi 18 décembre. Las, cet accord n’aura duré que trois jours. « Nous avons suspendu notre participation aux travaux du comité », a ainsi indiqué à l’AFP un responsable de l’opposition, qui a estimé les délais trop court.

« L’audit doit se faire avec un cabinet international, indépendant et crédible », a quant à lui expliqué, sur une télévision locale, Ousseini Salatou, le porte-parole de l’opposition, qui menace de boycotter le scrutin. L’essentiel est d’avoir un fichier propre qui a l’accord de tout le monde », a-t-il ajouté, en accusant le pouvoir de mauvaise volonté.

Le ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement, Marou Amadou, qui a annoncé à la télévision les dates de la campagne électorale, du 30 janvier au 19 février, a pris acte de la décision de l’opposition. Il a en outre accusé cette dernière d’être d’une « mauvaise foi manifeste » et de chercher à retarder le processus électoral. « Si les élections ne sont pas organisées le 21 février, le pays basculera dans un vide constitutionnel », a-t-il prévenu, évoquant le calendrier électoral que l’opposition avait rejeté en août.

« Beaucoup de ratés »

Le fichier électoral fait l’objet d’une lutte acharnée depuis de nombreux mois, les deux camps se répondant par voie de presse. Tandis que le ministre de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou, avait estimé en août, dans une interview à Jeune Afrique, que le fichier avait « été fait au vu et au su de tout le monde et [qu’il était] bien meilleur que le précédent », Seini Oumarou, chef de file de l’opposition, a critiqué début novembre un document « plein d’erreurs et d’anomalies ».

« Le pouvoir a délibérément ignoré certaines zones qu’il pensait défavorables. C’est un problème réel et nous demandons que ces manquements soient pris en compte afin de nettoyer le fichier », avait quant à lui dénoncé Amadou Boubacar Cissé, dans Jeune Afrique, le 29 octobre.

Une critique qu’est venue appuyer Sabiou Gaya, un des responsables de l’élaboration du fichier, mi-novembre. Celui-ci a en effet reconnu que le document comportait « beaucoup de ratés ». Et d’évoquer notamment des « bureaux de votes manquants » ou des « mineurs et des non-Nigériens inscrits sur les listes ». Audit ou non, le fichier électoral n’a pas fini de faire parler de lui.

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