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Le chef touareg Aghali Alambo témoigne de la dispersion des derniers fidèles du Guide.

  • Par biacorp
  • Le Sam 10 Sept 2011
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Par Thierry Oberlé

  

«En tant que chef touareg, je conseille aux Touareg qui se sont repliés avec les kadhafistes d'arrêter de tergiverser. Il faut négocier pour éviter le combat. Le régime s'est effondré et il n'y a plus personne pour qui se battre.» Longtemps proche de Kadhafi, le chef touareg d'origine nigérienne, Aghali Alambo, 47 ans, jette l'éponge.

Il a quitté Tripoli lors de la chute de la capitale et rejoint Niamey dimanche en compagnie d'anciens fidèles du Guide dont l'ex-patron de la télévision, Abdallah Mansour, après un long périple à travers la Libye

Interrogé par Le Figaro, il raconte au téléphone sa fuite : «Je suis d'abord passé par Beni Oulid (170 km au sud-est de Tripoli). Là, j'ai rencontré Seïf al-Islam, le fils de Kadhafi. C'était le 30 août. Il paraissait déterminé à résister, mais il est aujourd'hui, dit-on, à Sebha (la poche pro-kadhafiste du centre du pays). À Beni Oulid, l'ambiance n'était pas bonne. Les habitants nous demandaient de quitter la ville car ils ne veulent pas avoir d'ennui en hébergeant des gens recherchés par la justice internationale. Ils nous adjuraient de nous en aller et étaient prêts à nous conduire ailleurs.» Des contacts noués avec des membres du Conseil national de transition (CNT) ont permis au groupe de quitter la zone.

Aghali Alambo poursuit : «J'ai laissé les miens à Tripoli, mais il valait mieux partir en attendant le dénouement. La confusion s'est installée partout. C'est la débandade. Les gens ne font confiance à personne en dehors de la famille ou du clan rapproché. Ils ne disent rien de leurs plans. Il y a eu trop de trahisons ces dernières semaines.» D'après le chef touareg, le sauve-qui-peut est général. «Maintenant, c'est chacun pour soi. J'ai monté mon projet en obtenant des garanties politiques pour ne pas avoir de problèmes à mon arrivée, mais je n'ai pas eu de contact avec les autres groupes», précise-t-il lorsqu'il est interrogé sur les différents convois signalés dans le Sahel. «Il y a des personnalités en Algérie, en Tunisie au Mali. D'autres ont pris la direction du Tchad», relève-t-il sans insister.

«Kadhafi ira jusqu'au bout»

Aghali Alambo dément la présence de Saadi, l'un des fils de Kadhafi, ancien footballeur et chef d'une brigade militaire, dans le nord du Niger. « Il était dans les environs de Sebha, lorsque nous avons traversé ce secteur. Je sais qu'il souhaite se rendre et cherche une solution mais il ne l'a pas trouvée pour l'instant et continue à circuler». Et Mouammar Kadhafi qui a été annoncé au Niger, au Burkina Faso et au Tchad ? «Je ne l'ai pas revu depuis le mois de juin, j'ignore où il est exactement mais je pense, sans avoir la preuve, qu'il est du côté de Syrte. Je suis convaincu qu'il ira jusqu'au bout et ne se laissera pas prendre vivant. Les interventions ont été nombreuses pour tenter de le convaincre de négocier pour éviter la débâcle, mais il ne voulait rien entendre.»

 

Lundi, le passage d'un convoi de plusieurs dizaines de véhicules protégés par des Hommes bleus en armes a été signalé dans la région d'Agadez. Il aurait transporté, selon le CNT, d'importantes quantités d'or et de fortes sommes en dollars et en euros. Le magot pourrait provenir des réserves de la banque centrale libyenne. Selon son gouverneur, Qassem Azzoz, Mouammar Kadhafi a vendu plus de 20 % de l'or du pays pour une valeur d'un milliard de dollars au cours des derniers jours de son règne. Au total quelque 29 tonnes d'or auraient été cédées à des commerçants à des prix défiants toute concurrence.

 

Aghali Alambo a été décrit comme un intermédiaire pouvant faciliter la fuite de personnalités de l'ancien régime vers les pays subsahariens. En contact avec le ministre nigérien des Affaires étrangères, il est entré au Niger en traversant le désert du Ténéré avant d'être pris en charge près d'Agadez par des responsables militaires. Homme discret, il a participé à la rébellion des Touareg du Niger dans les années 1990 et a pris la tête d'un soulèvement de 2007 à 2009. L'ancien patron du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) vivait depuis à Tripoli. Il estime aujourd'hui que le temps est venu pour les quelque 5000 Touareg qui ont défendu souvent en première ligne Kadhafi de «se tenir à l'écart».

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