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Libye: bombardements intensifs dans le bastion rebelle de Benghazi

  • Par biacorp
  • Le Sam 19 Mars 2011
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Ecrit par Biacorp

  Le fief de la rébellion dans la ville de Benghazi (est) a été bombardé samedi, Tripoli accusant les insurgés au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu par le régime du colonel Mouammar Kadhafi, sous la menace de frappes aériennes après une résolution de l'ONU.lire_le_dossier

Des centaines de personnes fuyaient samedi par le nord-est la ville de Benghazi où des bombardements ont eu lieu dans la matinée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un sommet Union Européenne-Union Africaine-Ligue arabe est prévu samedi à Paris, et une intervention militaire internationale en Libye pourrait avoir lieu "dans les heures" qui suivront le sommet selon l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud.

Dès l'aube, des bombardements intensifs, notamment des raids aériens, ont secoué le sud-ouest de Benghazi et un avion militaire a été abattu au-dessus de la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP. Plusieurs colonnes de fumée noire se sont élevées au-dessus de la zone alors que des incendies se sont déclarés dans les secteurs bombardés.

Un avion militaire, vraisemblablement un Mig-23, qui survolait depuis quelques minutes la ville, est tout à coup apparu dans le ciel, l'arrière droit de l'appareil en feu, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le pilote a réussi à s'éjecter avant que l'appareil ne tombe en vrille et ne s'écrase sur une zone d'habitation du sud de Benghazi provoquant une explosion suivie d'une fumée noire.

Il n'était pas immédiatement possible de déterminer comment l'avion a été abattu, mais sa chute a été accueillie par des tirs de joie dans Benghazi.

Peu de temps après, trois tirs de chars provenant du sud de la ville étaient entendus se rapprochant du centre, où des dizaines d'insurgés criaient dans la rue Dieu est le plus grand faisant le V de la victoire. Dans le nord de Benghazi, tout semblait calme, aucun bruit d'explosion n'était entendu.

Des sources du ministère de la Défense, citées par l'agence officielle Jana, ont accusé "les bandes d'Al-Qaïda attaquant des unités des forces armées stationnées à l'ouest de Benghazi" et utilisant "des hélicoptères et un avion de chasse pour bombarder le regroupement des forces armées, en violation flagrante de la zone d'exclusion aérienne imposée par le Conseil de sécurité".

Des explosions ont rythmé toute la nuit, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agissait de bombardements ou de tirs de batteries anti-aériennes.

Le régime de Tripoli a accusé dans la nuit les insurgés de violer le cessez-le-feu annoncé par Tripoli en s'attaquant à des forces loyales au régime dans la région d'Al-Magrun, à environ 80 km au sud de Benghazi.

Ailleurs, au nord de Zenten (145 km au sud-ouest de Tripoli), les troupes du colonel Kadhafi ont tiré samedi matin quelques salves de Grad en direction de la ville touchant deux maisons et faisant six blessés, dont trois légers, selon un témoin. Une autre salve de Grad avait été tirée la nuit en direction de Zenten à partir d'une position au sud-ouest de la ville.

La Libye "a décidé d'observer immédiatement un cessez-le-feu et de mettre fin à toutes les opérations militaires", a déclaré vendredi le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, à Tripoli. A Benghazi, le commandant des rebelles, Khalifa Heftir, a dénoncé un coup de "bluff".

Un porte-parole des rebelles avait assuré que les forces gouvernementales ne respectaient pas le couvre-feu, dénonçant des "bombardements soutenus" sur Zenten et Misrata (ouest) et sur Ajdabiya (est). Les autorités ont démenti et invité la Turquie, Malte et la Chine à envoyer des observateurs.

Jeudi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté en faveur d'un recours à la force contre les troupes pro-Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes après plus d'un mois d'une insurrection réprimée dans le sang.

La résolution 1973 autorise "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu et exige un cessez-le-feu immédiat et l'arrêt de toutes les opérations offensives. Elle interdit également les vols au-dessus de la Libye.

Une coalition menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, avec la participation du Qatar, a pris forme vendredi en vue d'intervenir. L'Otan, toujours en retrait, semblait appelée à jouer un rôle d'appoint.

Le Canada, la Norvège, le Danemark et la Belgique ont fait part de leur intention de se joindre à la coalition, en lui apportant avions ou navires pour participer aux raids ou soutenir une opération humanitaire.

L'Italie, ancienne puissance coloniale, a fermé son ambassade à Tripoli et annoncé qu'elle était prête à "mettre à disposition ses bases" militaires.

Le président américain Barack Obama a menacé vendredi Tripoli d'une opération militaire si les attaques contre les civils se poursuivaient alors qu'un sommet Union Européenne-Union Africaine-Ligue arabe est prévu samedi à Paris, en présence de nombreux hauts responsables.

Dans le doute, "tout est prêt" pour une intervention, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, précisant que la réunion de samedi serait décisive. "Nous aurons un sommet à Paris avec tous les participants importants aux opérations et aux efforts diplomatiques. Je pense donc que ce sera le bon moment pour envoyer un dernier signal", a déclaré l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud.

"Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, nous avons aussi adressé un ultimatum à propos du cessez-le-feu (...) Nous en avons fixé les conditions". "Donc, je pense qu'après le sommet, dans les heures qui suivront, nous lancerons l'intervention militaire", a-t-il ajouté.

Quelque 300.000 personnes ont fui les violences en Libye, selon l'ONU, qui s'attend à ce que 1.500 à 2.500 personnes continuent d'en faire autant chaque jour. L'ONU a annoncé vendredi ne pas avoir trouvé d'accord avec la Libye sur les conditions d'envoi d'une mission humanitaire.

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