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Moralisation de la vie publique : Attention ! Les barons sortent l’argent volé

  • Par biacorp
  • Le Jeu 22 Avr 2010
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Écrit par Hama Ibrahim (Le FLIC N° 185 du mardi 20 Avril 2010)

S’il y a un pays où les crimes économiques et financiers sont légion, c’est le Niger, bien sûr. Tous les régimes qui se succédés, ont généré une caste de politicards dont l’enrichissement s’est fait sur le dos de l’Etat. Directeurs de sociétés et offices, Présidents – Directeurs - Généraux, Conseillers, Directeurs de Cabinet, Officiers de l’armée, ministres, Premiers ministres, Chefs d’Etat etc… ont profité des finances publiques impunément. Dans ce pays, les hauts emplois sont les moyens sûrs pour s’enrichir très vite. D’abord ceux-ci offrent à leur locataire la possibilité d’interférer dans la prise des décisions soient organisationnelles, soient financières. Autrement dit ces responsables sont passés maîtres dans les tripatouillages financiers en tous genres. Il en est ainsi de certains directeurs généraux qui vivent comme des pachas et/ou des monarques. A l’exemple d’un Foukori Ibrahim, ex-administrateur délégué de la NIGELEC qui mit en place un système mafieux composé de son fils et ses deux gendres, lequel permit à ces derniers de pomper en toute tranquillité les finances de cette boîte. Egalement, il est fait cas de quelques directeurs de cabinets, Premiers ministres et Chefs d’Etat dont la rapacité fut désinvoltante. Parce qu’ils rivalisèrent d’ingéniosité pour puiser dans les caisses de l’Etat. Leur souci ? S’enrichir par tous les moyens.

La vie extravagante des barons et leur progéniture.
Avant le coup d’Etat du 18 février 2010 il n’existe pas un seul responsable en poste qui ne soit redevable de sa promotion au Président Tandja Mamadou. D’ailleurs tous les hauts responsables administratifs et politiques l’avaient accompagné et soutenu dans ses excès en tous genres. En contrepartie, ces derniers eurent les coudées franches pour se livrer à toutes les dérives financières. Ainsi malgré la fameuse opération dénommée «OPERATION MAINS-PROPRES», la plupart desdits responsables étaient restés en poste jusqu’aux récentes décisions qui les évincèrent. Pendant les longues années passées à ces postes juteux, ces derniers acquirent des fortunes colossales. En plus de l’ex-administrateur délégué de la NIGELEC dont la fortune est abyssale, il y a certains responsables qui sont soient Directeurs généraux de sociétés, soient Directeurs de cabinet, coordonnateurs de projet et ministres qui se sont taillés des fortunes immenses.
 
La richesse aidant, la vie qu’ils mènent ; comme celle de leur progéniture est carrément extravagante. A titre illustratif on évoque les frasques des trois rejetons de cet ex-Directeur général. Rejetons qui organisèrent des fêtes de nababs dans les hôtels huppés et discothèques de Niamey. Leur dernière virée nocturne dans une boîte de nuit renommée, coûta 2 millions de francs CFA. De plus, l’enfant de cet autre responsable politique proche de l’ex-Président de la République Tandja Mamadou, possède 3 voitures de luxe : Une Mercedes Sport SLK, une 4x4 infinity et une Honda coupé New génération. Une seule de ses trois cylindrées dépasse dix millions de francs CFA. Quant aux femmes de ces barons, elles passent le plus clair de leur temps à sillonner les grandes villes en avion pour faire des shoppings. Vous les reconnaissez facilement grâce à leur maquillage ostentatoire et les bras et doigts chargés de bijoux dorés. Le portable dernier cri collé à l’oreille, ces «princesses» téléphonent de très longues heures à l’extérieur pour soit demander les prix des derniers modèles Wax, chaussures et sacs griffés des grands couturiers, soit pour s’enquérir de l’état de santé de leur progéniture de luxe résidant dans les villes européennes et américaines. Cependant il semble que ces périodes de vie luxueuse sont depuis peu troublées par les différentes inspections d’Etat et audits menés dans les institutions de l’Etat à la tête desquelles trônèrent les maris de ces dernières..
 
Attention ! Les barons sortent l’argent volé
Depuis l’engagement solennel du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) de procéder à un assainissement des finances publiques, de nombreux responsables administratifs et politiques vivent sur des charbons ardents maintenant. Ainsi certains conscients des irrégularités commises dans leur gestion, ont vite fait de vendre, voiture, villa et autres biens afin de combler leur «trou» tandis que d’autres ayant «cueilli» assez de prébendes, ont préféré les transférer dans certaines villes de la sousrégion. Ces transferts sont organisés dans la plus grande discrétion et par des pistes de fraude. En plus de ces importantes sommes en espèces confiées à des tierces personnes, il y a aussi les transferts par le biais des banques. Celles-ci se passent avec la complicité des responsables de ces institutions bancaires. Habituellement trois filières sont uti utilisées par nos responsables administratifs et politiques pour faire sortir (frauduleusement) leur fortune illicite du territoire national. D’abord, il y a les organisations de «passeurs » chargés de convoyer les fonds dans certaines villes de la sous-région. Celles-ci sont installées sur les frontières terrestres du pays entre autres Gaya, Makalondi, Maradi, Magaria, Dan-Borto, Arlit etc…
 
En ce qui concerne l’organisation des passeurs de Gaya,
 
ville frontalière du Bénin, nous avons appris qu’elle est animée par un certain Dioumassi, nigérien d’origine mais vivant sur une île en territoire béninois. Ce dernier, selon toute vraisemblance, recruterait de «grandes dames» d’apparence respectable à qu’il proposerait 5% sur la valeur de toute marchandise que ces dernières arriveraient à faire passer frauduleusement par le fleuve. Ce pourcentage aurait même atteint 7%, quand, tout récemment, des politiciens nigériens auraient mis du leur pour faire sortir (frauduleusement) du pays d’importantes sommes d’argent. Selon plusieurs sources concordantes, il semble que cette organisation aurait fait passer en territoire béninois, en moins d’un mois, des centaines et des centaines de millions de francs. Les deux gros transferts dont Dioumassi se rappelle auraient été effectués le 11 et 16 mars 2010. En effet, ces jourslà un homme d’affaires bien connu des niaméens accompagné du fils d’un ex-ministre de la 6e République, aurait remis à Dioumassi 200 millions de francs placés dans un simple sac utilisé pour emballage de riz. Dioumassi se serait alors dépêché pour remettre cette somme à ces passeurs qui l’auraient à leur tour, «renvoyée» dans un village béninois de l’autre côté du fleuve. Ce transfert aurait été effectué la nuit vers 23 heures. Ainsi, dès leur arrivée, l’argent fut remis à leurs légitimes propriétaires. Pour le second transfert (celui du 16 mars dernier), les clients (composés de 3 personnes dont une jeune dame présentèrent la «marchandise» à transporter dans deux gros cartons. Cette somme s’élevait à 100 millions et était composée de coupures de dix mille francs.
 
Concernant la filière d’Arlit, les sources nous ont appris que ce sont plutôt les trafiquants nigériens de cigarettes qui sont mis à contribution. En effet, il semble que les fonds à transférer sont d’abord versés entre les mains des grossistes à Niamey qui, à leur tour, donnent des instructions à leurs employés vivant à Arlit pour effectuer ces transferts d’argent. Les deux autres filières sont européenne et américaine. Celles-ci ont servi à faire transférer d’importantes sommes d’argent. Ainsi, on susurre qu’un ex-dignitaire du régime déchu de Tandja Mamadou, aurait effectué un transfert entre une banque française et une autre installée à Luxembourg, portant sur la somme de 1.500.000.000 de francs quelques jours après le coup d’Etat du 18 février 2010. Concernant la filière américaine, il est établi que quelques responsables administratifs et politiques ont fait transférer des sommes d’argent des banques européennes vers les institutions bancaires américaines par le biais de leur progéniture résidant dans les villes américaines. Par ailleurs, au cours de nos enquêtes, nous avions relevé que plusieurs de nos hommes politiques possèdent des actions dans les sociétés internationales. A la faveur du coup d’Etat du 18 février dernier, les nigériens découvrent, effarés, l’énormité des crimes économiques et financiers perpétrés par Tandja, sa famille et ses protégés pendant son long règne de dix ans. Gageons que les organes de la transition sauront identifier et châtier tous les auteurs de ces malversations financières.

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