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Tandja et Albadé cherchent des échappatoires

  • Par biacorp
  • Le Ven 18 Juin 2010
  • Commentaires (1)

Écrit par M .Habou (L’ACTUALITE N° 44 DU 15 JUIN 2010)

Le collectif des organisations de défense de droits de l’homme et de la démocratie (CODDHD) a rendu visite, la semaine dernière, à l’ancien président Tandja Mamadou et à l’ex ministre de l’intérieur, de la décentralisation et de la sécurité publique Albadé Abouba, détenus respectivement au palais de la présidence et au camp Bagagi. Cette visite, qui n’est pas inédite au Niger en pareille circonstance, consistait pour le CODDHD à constater les conditions de détention des deux personnalités. Le ton étant certainement pitoyable, ils ont dû, en premier lieu et en toute civilité, remercier la junte au pouvoir pour cet acte magnanime, qu’ils ne feront d’ailleurs jamais si c’était le cas inverse qui s’était produit. A la lumière de leurs propos, l’on ne peut s’empêcher d’affirmer que ces deux personnalités sont frappées d’amnésie tant ils ont oublié leurs propos et leur comportement durant tout le processus de prolongation de leur régime, à l’égard de la classe politique. Sinon, on dirait même qu’ils hallucinent ! Dans les propos, qu’ils avaient tenus il y’a de quoi surprendre. S’agissant de l’ancien président de la République, à la question de savoir s’il est bien traité, il a déclaré ceci :

«En matière de détenu politique, avec rang de Chef de l’Etat, c’est le maximum qui a été mis à ma disposition. Ma famille est traitée correctement. Ceux qui assurent ma sécurité se comportent bien vis-à-vis de moi. Même-moi, ancien soldat, je constate que ce sont les bons qui ont été placés autour de moi. Ma santé est liée à mon âge. J’ai quelques malaises liés à la mauvaise digestion, un diabète contrôlé et un peu de fièvre. Je dois effectuer un bilan annuel. Mais, je ne me suis pas adressé au chef de l’Etat pour en faire la demande. Mon séjour se déroule bien. Je suis bien traité. J’ai la considération du chef de l’Etat et de son staff. Votre visite me permet de témoigner toute ma satisfaction relativement à ma détention. J’apprécie le comportement des nouvelles autorités. La seule doléance, c’est mon contrôle annuel qui arrive à terme. Je faisais mon contrôle au Maroc, cette année, je vais demander à aller en Tunisie pour s’occuper de ma cataracte dans trois mois. Mon médecin revient demain m’apporter mes verres. Il doit remplacer mes verres. Ça va très bien. J’attends un jour ma mise en liberté. J’ai donné une liste restreinte de personnes avec lesquelles je dois parler, juste ma famille et j’arrive à respecter les règles de détention ». Ces propos illustrent, bel et bien, l’attitude de nos hommes politiques. Lorsqu’ils sont au pouvoir, ils exposent toute leur puissance croyant qu’ils sont des messies envoyés par Dieu pour régner sur un peuple abruti. Il n’a certainement jamais pensé que le pouvoir a une fin et que tôt ou tard il devrait le quitter. Il était l’alpha et l’oméga de la République : le super ‘’Goni’’. Le Niger disait-il, lui appartenait. En tant que détenu politique, comme il aime à se qualifier aujourd’hui, il est dans d’excellentes conditions de détention. Ce qui prouve l’esprit de tolérance de la junte.
 
Malgré son ingratitude vis-à-vis des nigériens qui l’ont élu à deux reprises à la tête du pays et les déportations injustes des opposants dans des prisons, il est traité humainement. A la question de savoir est-ce qu’il a été informé des procédures judiciaires le concernant, il répond par ces mots : « Je suis en détention politique pour des raisons politiques. Ma seule préoccupation maintenant, c’est ma mise en liberté. Je parle avec ma famille seulement. J’ai des droits limités. Je respecte strictement les règles. La télévision est disponible, je lis les journaux au besoin. Je prends du recul pour mieux réfléchir après dix ans de fonction de chef d’Etat. Je n’ai aucun regret, je n’ai fait que ce que je devrais faire. Le peuple a demandé, j’ai répondu, l’oppovisite sition n’était pas d’accord, elle a porté la question plus loin pendant que nous étions entrain de voir comment trouver la solution. C’est le travail souhaité qui a consisté à vouloir la prolongation de mandat. Je suis bien traité ici jusqu’à la fin de l’opération ». Étonnant, en effet, car l’ancien président Tandja s’attribue le titre de détenu politique (C’est un abus de titre). Son cas, convenez avec nous, c’était de l’imposture, de la simple forfaiture. Voyons, maintenant, les faux pas dans ces propos. Il parle du ‘’peuple’’. Son fameux peuple imaginaire, ‘’convoqué’’ dans les gouvernorats et les préfectures.
 
Peutêtre qu’il fait allusion à Albadé, Ben Omar, Seyni Omar, Nouhou Arzika et autres Ibrahim Hamidou ! Quant à l’ex ministre Albadé Abouba, à la question de savoir comment il est traité, Il s’était lancé dans un réquisitoire. Pour lui, « Je voudrais très sincèrement vous remercier d’avoir bien voulu faire le déplacement. J’ai été traité avec la plus grande courtoisie et la plus grande attention. Ma famille est autorisée régulièrement à me rendre visite. Vous savez quelle que soit la personne, la plus grande attente, c’est de réintégrer sa famille. J’ai mes visiteurs en fonction d’un créneau, mon téléphone est gardé comme butin de guerre. Des visiteurs m’apportent parfois des journaux. Dans l’immédiat, j’ai un médecin militaire qui vient de temps en temps me visiter. Il y a deux ans que je n’ai pas fait ma visite médicale au Maroc. Mais, il ne faut pas donner l’impression qu’on est malade. Si les conditions se réunissent, j’irai. Mes droits ne sont pas violés. Le chef de l’Etat doit avoir de la hauteur. Un chef de l’Etat a beaucoup à faire, il doit décider objectivement. La gestion du pouvoir, c’est la gestion des contradictions ». Quelle humilité aujourd’hui ! ‘’S’agissant des termes des accords de la paix au Nord, J’ai lu dans les journaux, c’est comme s’il y a des accords secrets. J’ai éffectué quatre missions en Libye. La première n’était même pas liée à la rébellion.
 
C’était dans le cadre de l’immigration. Après l’appel de Kadhafi, on a pris la décision, mais sans accord écrit et pas de réintégration. J’ai dit, je ne signerai pas un accord de paix comme en 1994. Les accords de 95, ce sont eux qui ont généré la rébellion. Ce n’est pas parce qu’il y a eu une mauvaise application qu’il sera question de signer un nouvel accord ! Les rapports sont disponibles. Après trois rencontres, les rebelles ont décidé de déposer les armes. La Libye a souverainement décidé de leur attribuer des primes pour lesquelles on était contre. Les officiers nous en voulaient à mort. La seule condition, il n’était pas question de réintégrer un déserteur dans l’armée ou réinsérer quelqu’un. Il n’y a donc aucun accord secret. On nous a traité de trafiquants dans les journaux. La consolidation de la paix, c’est un état d’esprit. Je me suis trouvé, chaque fois, à dire de ne pas négocier tant que les forces de défense ne seront pas dotées de matériel. C’est un problème de ‘’sous’’ entre Aghaly Alambo et Rhissa Boula qui a réveillé la rébellion. Pour consolider tout, il ne serait pas mauvais d’organiser un forum. Il ne faut pas avoir des per- Le collectif des organisations de défense de droits de l’homme et de la démocratie (CODDHD) a rendu visite, la semaine dernière, à l’ancien président Tandja Mamadou et à l’ex ministre de l’intérieur, de la décentralisation et de la sécurité publique Albadé Abouba, détenus respectivement au palais de la présidence et au camp Bagagi.
 
Cette visite, qui n’est pas inédite au Niger en pareille circonstance, consistait pour le CODDHD à constater les conditions de détention des deux personnalités. Le ton étant certainement pitoyable, ils ont dû, en premier lieu et en toute civilité, remercier la junte au pouvoir pour cet acte magnanime, qu’ils ne feront d’ailleurs jamais si c’était le cas inverse qui s’était produit. A la lumière de leurs propos, l’on ne peut s’empêcher d’affirmer que ces deux personnalités sont frappées d’amnésie tant ils ont oublié leurs propos et leur comportement durant tout le processus de prolongation de leur régime, à l’égard de la classe politique. Sinon, on dirait même qu’ils hallucinent ! Dans les propos, qu’ils avaient tenus il y’a de quoi surprendre. S’agissant de l’ancien président de la République, à la question de savoir s’il est bien traité, il a déclaré ceci : ceptions. Les Touaregs ne sont pas plus pauvres que les Djermas. Il faut qu’on se dise la vérité. Je suis le seul ministre de l’Intérieur qui a fait d'Ayorou jusqu’à N’Gourti ! Vous savez, il y a des communautés qui s’alimentent par le vol. Des groupes de Touaregs ont demandé à être réintégrés, j’ai refusé. Ce sont certains hommes politiques qui cherchent à faire une exploitation politique qui sont derrière. Tant qu’on n’a pas éradiqué le problème de vols dans certaines zones, la consolidation de la paix restera un problème.
 
J’ai effectué cinq missions à Gao et on a mis dix Toyota pendant un an sur cette piste ». A la question de savoir s’il se sent coupable, il a répondu : « Je ne me sens pas coupable d’un abus, j’ai lu, ça et là où on parle que c’est moi qui ai tué des militaires que je ne connais même pas. Je ne me sens coupable d’aucun crime. On m’accuse de trafiquer de la drogue, c’est faux, en tant que ministre de l’Intérieur, quel intérêt ai-je pour poser de tels actes ? L’accusation de trafiquant me fait très mal, ça ne me ressemble pas. On cherche simplement à me salir. Si j’ai détourné de l’argent des rebelles, qu’ils portent plainte ». Au terme de cette analyse, l’on constate aisément que les deux anciens dignitaires du régime cherchent des échappatoires. Ils brandissent un alibi sur leur état de santé pour quitter le pays. Hier, seulement ils étaient des braves. Aujourd’hui, ils sont réduits à de simples quidams en instance de jugement pour ‘’haute trahison’’ et ‘’atteinte grave à la souveraineté’’ du peuple nigérien, sans compter des chefs d’accusation comme les scandales financiers.
 
En se plaignant devant ces défenseurs de droits de l’homme qui leurs ont rendu visite, l’ancien président Tandja et son homme de main de tout temps Albadé lancent un cri de détresse à l’endroit des nigériens. Ne dit-on pas que : « ceux qui te font peur aujourd’hui, finiront par te faire pitié un jour » ou encore en terme religieux : « tout se paie dans ce bas monde », autrement toute fausseté est punie ici bas. Les coups bas, le parjure et l’ingratitude vis-à-vis du peuple ont fini par les rattraper. En attendant qu’ils présentent leurs excuses et demandent pardon au peuple nigérien, ils ont intérêt à se confesser publiquement.

Commentaires (1)

M.A.X
  • 1. M.A.X | Ven 18 Juin 2010

Ne serait-il pas enfuit du Niger sous pretexte d'une tension arterielle? ou Hama+ en hexagone sous pretexte d'unfaux probleme cardiaque? Y-a-t-il eu complicite des militaires pour laisser Gamatie du Niger qui a eu a gerer les finances et la primature du Niger? Ce sont des fuyards, des l***es, opportunistes qui ne sont la que quand les choses aillent mieux au Niger, quand ca chauffe ils fuient et laissent la lutte aux autres et revenir cueillir le fruit de la lutte des autres braves nigeriens et les narguer apres.

Tanja est courageux de resister et supporter la prison a son age de 72 ans quand les Hama+, Gamatie a 50 ans crient au secours et aux soins medicaux pour s'enfuir en heaxagone sous les salons feutres des toubabs.... Courage le vieux, tu seras libre dans quelques mois.

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