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Affaire non classée: Qui a fait main basse sur l’argent du coffre-fort de Baré ?

  • Par biacorp
  • Le Sam 17 Avr 2010
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Écrit par Yacouba Ousseini (Le FLIC N° 184 du mardi 13 Avril 2010)

Le 9 avril dernier, le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP-Jama’a) a célébré le 11e anniversaire de la disparition tragique du Général Président Baré Maïnassara Ibrahim, abattu sur le tarmac de l’Escadrille militaire au moment où il s’apprêtait à effectuer une visite de travail à l’intérieur du pays plus précisément à Inates par sa propre garde. Depuis, le RDP qu’il a fondé a toujours tenu à commémorer cette date anniversaire pour demander en l’occurrence l’ouverture d’une enquête indépendante en vue d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices de l’assassinat. Mais contrairement aux années antérieures, cette foisci les activités organisées par les militants ont été des plus sobres. Le Flic, votre serviteur, a été invité pour prendre part aux festivités de cette année, mais il a poliment refusé d’y assister, conscient qu’il n’y a plus rien de sérieux dans cette lutte menée par Algabid et ses compagnons politiques. La sobriété qui a caractérisé la commémoration de la mort de Baré ne surprend guère à cause des multiples compromissions du parti ces dernières années. A telle enseigne qu’au sein de l’opinion aujourd’hui, plus personne ne croit véritablement à la sincérité des hommes et femmes qui animent le RDP-Jama’a. Ils font semblant de défendre la mémoire de Baré mais en vérité ils ne cherchent que leurs propres intérêts égoïstes.

Pourquoi ? Jusqu’en 2009, le RDP se battait pour la déconstitutionnalisation de l’amnistie accordée aux auteurs, coauteurs, complices et commanditaires de l’ignoble assassinat, même si l’intensité du combat s’est émoussée depuis qu’il a rejoint le camp présidentiel au cours de la deuxième mandature de Tandja. Le parti de Hamid Algabid a même eu à soumettre devant l’Assemblée Nationale un avant projet de Constitution dans lequel l’article accordant l’amnistie aux assassins du père fondateur a été sauté. Malheureusement, l’institution que dirigeait Mahamane Ousmane n’a pas donné suite à la requête. La belle occasion pour le RDP de montrer qu’il tenait vraiment à ce que justice soit rendue à la famille Baré s’est présentée à l’occasion du processus Tazartché qui s’est soldé par l’adoption illégale d’une nouvelle Constitution permettant à Tandja de bénéficier de trois ans de bonus à la tête du pays. Malgré le maintien de l’amnistie dans la nouvelle loi fondamentale, le RDP a soutenu le projet et a activement battu campagne pour son adoption.

 
A partir de cet instant, Algabid et ses militants peuvent-ils aujourd’hui lutter pour que lumière soit faite sur la disparition du Général Baré ? Il faut cesser de se moquer des Nigériens, ce parti est tout simplement un ramassis de politicards qui défendent plus leurs intérêts égoïstes que les idéaux prônés par le Père Fondateur. Ils sont prêts à toutes les compromissions, pourvu que leur pain soit sauf. Cette situation a fini par diviser le RDP-Jama’a en deux camps adverses. Le premier camp, c’est celui des politicards qui pensent pouvoir continuer d’exploiter les événements douloureux du 9 avril 1999 comme un fonds de commerce. Il n’a cure de la lumière sur ces événements, la seule chose qui intéresse ceux qui l’animent, ce sont les prébendes que confère la position de pouvoir. Ils l’ont démontré à l’occasion de la remise en cause de l’ordre constitutionnel perpétrée par Tandja Mamadou dans l’espoir de se maintenir au pouvoir, avec le soutien des Algabid et autres «forts-en gueule».
 
Ils sont donc disqualifiés pour demander aujourd’hui à un autre pouvoir la déconstitutionnalisation de l’amnistie. Le deuxième camp, c’est celui de la famille Baré, qui tient naturellement et légitimement à la lumière autour de l’assassinat ignoble de leur parent. Et même à ce niveau, la femme et les enfants du défunt semblent plus préoccupés par l’aboutissement de cette requête. Poursuivant cet objectif, ils sont allés jusqu’à saisir des juridictions supranationales en vue de mettre la pression sur les autorités de la 5e République. Seulement, au sein de ce camp aussi, les comptes n’ont pas fini d’être soldés. A l’origine de la mésentente, de l’argent, beaucoup d’argent, qui aurait été pris dans les coffres forts du Palais présidentiel dans le brouhaha de l’assassinat du Président Baré.
 
Le magot en question aurait été récupéré par une personne dont nous préférons taire le nom ici. Aujourd’hui la question que l’on se pose est de savoir si cet argent a été restitué à la veuve et aux orphelins du Général Baré ? En tout cas, de son vivant le Commandant Wanké avait juré à votre serviteur n’avoir jamais vu la couleur dudit argent.

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