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CONFÉRENCE PUBLIQUE DU PROFESSEUR ANDRÉ SALIFOU ‘’ Cinquantenaire de l’indépendance du Niger: bilan et perspectives’’

  • Par biacorp
  • Le Sam 25 Déc 2010
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Ecrit par BIACORP Le professeur

       André Salifou signe, par la présente, son retour au premier plan sur l’échiquier intellectuel national. Il faut dire que depuis sa fameuse conférence publique de 1983, les nigériens, en dehors de la conférence nationale souveraine, ont eu peu d’occasions d’entendre l’homme du « coupez-le ». Quelques jours avant la dernière conférence du professeur, celui-ci a, sur instruction du président du conseil suprême pour la restauration de la démocratie, contribué à résoudre la crise universitaire née de la volonté malencontreuse d’un gouvernement dont l’incompétence est de notoriété publique. André est donc de retour. Ce retour, il va le signer au travers du « speech » tenu le vendredi 17 Démembre 2010 dans l’amphithéâtre 1000 places de la FSEJ. Pour un retour, ce fut, il faut l’avouer, un retour triomphal. La foule était au rendez-vous au point où le lieu choisi par le SNECS emblait petit pour contenir tout le monde. Malgré le grand nombre, il n’y a pas eu de « chahut », mot abondamment utilisé par le même André durant les travaux de la conférence nationale souveraine de 1991. Il faut préciser que la dite conférence fait partie des cycles de conférences du SNECS et que c’est sur invitation du syndicat que le professeur va intervenir pour entretenir l’assistance sur un problème majeur : le cinquantenaire de l’indépendance du Niger. Est-il besoin de présenter la biographie de celui qui fut le présiden du présidium du (soviet), pardon, de la conférence nationale souveraine ? André, joue l’histoire, matière dans laquelle il excelle, est né en 1942 à Zinder. Comme il le dit luimême, il est né en période de crise.

Dans sa vie il va mener des activés diverses et variées. Enseignant- chercheur, expert de l’UNESCO, médiateur au titre de la francophonie et de l’union africaine, il prendra une disponibilité en 1991 pour se consacrer à autre chose qu’a l’enseignement. Au moment où il tenait sa conférence, il était et est encore le représentant spécial du président de la république auprès de la francophonie. Pour le conférencier, sur les cinquante ans, on peu, schématiquement, diviser l’histoire de notre pays en quatre périodes : celle de Diori et donc du PPNRDA, celle de Kountché, d’Ali Saibou et celle qui vient après la conférence nationale souveraine. Peu, par manque de temps, le conférencier ne nous a entretenu que de la première période. André part de 1960 où il constate que notre pays a accédé à l’indépendance le 3 Août 1960. Une fois l’indépendance acquise, le président Diori Hamani a voulu faire de son parti, le PPN-RDA, un parti unique. Cette volonté n’est nullement guidée par l’égoïsme, mais part du constat selon lequel, tout était a construire et que, partant, il ne servait à rien de se disperser. Le pays accédait à la souveraineté internationale dans une disette totale. Avec une superficie d’1267000 km², le Niger ne disposait ni des cadre nécessaires au fonctionnement de la machine gouvernementale, ni des matières premières, comme dans d’autres pays. En fait Diori va hériter d’un pays exsangue. Les quelques produits d’exportations n’étaient autres que la gomme arabique, le coton, l’arachide et ceux liés à l’élevage. Le pays, selon l’expression du professeur « était vide ». A cela il faut ajouter que l’est et le Centre du Niger avait des sympathies pour le Saba, le parti de Djibo Bakari. Le tout est doublé d’une méfiance de la chefferie traditionnelle vis-à-vis du Président Diori suspecté de sympathies communistes. Or, selon le conférencier, la chefferie traditionnelle était la meilleure alliée de la colonisation. Face à tout cela, l’un des premiers problèmes à résoudre pour le pouvoir qui s’installait, c’était de tout faire pour effacer cette image anti – française collée à Diori et à son parti. Ce sont ces problèmes qui ont fait croire à Diori que pour construire le pays, il fallait opter pour un parti unique susceptible de permettre ensemble toutes les énergies afin de jeter les bases d’un pays moderne. Pour le professeur André Salifou, les premiers dirigeants, malgré leur faible niveau intellectuels, avaient un sens de l’Etat et de l’intérêt public. Ainsi, très tôt, Diori et son équipe prendront la mesure des problèmes à résoudre qui, sont, en fait, des problèmes de développement du pays. Sur ce, le conférencier s’interroge sur la notion même d’indépendance. Pour lui, au plan de la théorie, nous sommes indépendants depuis 1960. Cette indépendance, est acquise de haute lutte par des hommes et des femmes de valeur. Pour asseoir les bases d’un développement durable de son pays, Diori va prendre point par point les différents secteurs de la société. C’est partant de cette vision qu’il va crée la BDRN, la copro-Niger, la SONARA, l’OFEDES et bien d’autres sociétés. Le premier « couac » avec la France viendra d’ailleurs de la création de la copro- Niger, société devant commercialiser les produits de premières nécessités sur l’ensemble du territoire national. Cela va donner lieu à une plainte à Paris des sociétés françaises installées au Niger. Quoi qu’il en soit, le conférencier loue le courage du président Diori qui, contre vents et marées, va tenter de doter son pays du minimum vital. Tout, en ces premières années des indépendances était prioritaire. Malgré les difficultés, le PPN-RDA va tenir bon. Mais, deux problèmes majeurs vont surgir pour « plomber » l’action de Diori et de son parti : une pseudo tentative de coup d’Etat en 1963 et les grèves interminables enclenchées par les élèves. A cela le conférencier ajoute l’usure du pouvoir. Pour André, la sagesse voudrait que l’on se retire au bout d’un certain temps. Dns tout les cas, pour lui, les faits démontrent que Diori a été un grand homme, un grand dirigeant et un visionnaire. L’un de ses points glorieux c’est, d’après André Salifou, la politique extérieure. La preuve, son rôle dans la résolution de la crise du Biafra, la création de l’ACCT, puis de la francophonie, etc. … Il faut dire que le conférencier s’est arrêté a ce chapitre. Sur les autres, il n’a fait q’un simple survol pour reconnaître au général Ali des qualités positives. Si la conférence Nationale souveraine a pu se tenir sans problème, l’histoire le doit aux qualités de patriotes d’Ali Saibou. Voila en substance ce sur quoi a porté la conférence publique du vendredi 17 Décembre 2010.

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