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Côte d'Ivoire: les investisseurs inquiets des effets de la crise politique

  • Par biacorp
  • Le Jeu 09 Déc 2010
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Ecrit par TV5

 

Investisseurs et experts s'inquiètent du chaos politique en Côte d'Ivoire, redoutant les effets d'éventuelles sanctions internationales sur l'activité du premier pays producteur mondial de cacao.France Télécom-Orange a rapatrié en début de semaine la quasi-totalité de ses salariés français ou binationaux de cet ancien fleuron économique d'Afrique de l'ouest? également riche en minerais.

La mesure est plus symbolique qu'autre chose; elle ne concerne qu'une vingtaine de personnes, familles comprises, en regard des 1.600 salariés locaux. Mais elle témoigne du désarroi des investisseurs.

"Ce qu'ils n'aiment pas, c'est moins le pouvoir en place que l'incertitude autour d'un pouvoir dont on ignore s'il est légitime, crédible et stable", note Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Depuis le second tour du scrutin présidentiel, le 28 novembre, la présidence ivoirienne est bicéphale, revendiquée à la fois par Laurent Gbagbo, le chef de l'Etat sortant, et par Alassane Ouattara, son challenger dont l'élection a été largement reconnue par la communauté internationale, hormis la Russie.

Les Nations unies ont rappelé leur personnel non essentiel, le FMI exclut de travailler avec un gouvernement non reconnu par l'ONU et l'UE a brandi un temps la menace de "sanctions".

Dès dimanche, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont manifesté d'une seule voix leur "grande inquiétude. Cette crise "fera tomber beaucoup plus d'Ivoiriens dans la pauvreté et causera du tort à la stabilité et la prospérité économique de l'Afrique de l'Ouest", ont-elles averti.

En jeu notamment: les 254,7 millions d'euros d'aide au développement promis par l'UE pour les prochaines années et plus de 740 millions de dollars de projets soutenus par la Banque mondiale.

Directeur exécutif de France Télécom-Orange pour l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie, Marc Rennard distingue trois scénarios possibles : une crise brève aux "effets limités" dans un pays "très structuré et à forte croissance", une crise durable qui ferait "souffrir" l'économie ivoirienne et une "crise sécuritaire majeure" aux conséquences incalculables.

En temps normal, ajoute Philippe Hugon, Alassane Ouattara "aurait pu mobiliser les bailleurs de fonds internationaux, réaliser ses grands projets d'investissements et renégocier sans trop de difficultés la dette ivoirienne".

"Dans le cas présent, on peut s'attendre au contraire à ce que la dette ne soit pas renégociée, à des mesures d'embargo ou de réduction des aides et des financements du FMI, de la Banque mondiale ou de l'UE", souligne Philippe Hugon.

M. Ouattara, ancien Premier ministre de Félix Houphouët Boigny, a de longue date l'oreille des investisseurs et bailleurs de fonds internationaux. Titulaire d'un doctorat de sciences économiques de l'Université de Pennsylvanie, il est entré en 1968 au Fonds monétaire international (FMI) et a été vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest.

Dans ce contexte, la position de la France sera regardée avec d'autant plus d'intérêt qu'elle entretient toujours des liens privilégiés avec son ancienne colonie. La France en est le premier partenaire économique et le deuxième partenaire commercial, derrière le Nigeria.

Quelque 600 entreprises françaises et 15.000 Français ou binationaux vivent encore en Côte d'Ivoire, un pays qui représente à lui seul près de 40% du PIB de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), possède d'importantes réserves pétrolières et totalise 40% des exportations mondiales de cacao.

Certaines entreprises ont une longue histoire commune, telle Bouygues qui avait construit la cathédrale de Yamoussoukro, ou Bolloré concessionnaire du port d'Abidjan, poumon économique du pays. Ces deux groupes n'ont toutefois pas souhaité s'exprimer sur le cours des événements.

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