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Interview exclusive d’un ancien Conseiller du président Tandja: ...‘’ 2 milliards cinq cent millions de Francs CFA ont été utilisés pour abattre Hama

  • Par biacorp
  • Le Mer 07 Avr 2010
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Écrit par Interview réalisée par Hama Ibrahim (Le FLIC N° 183 du mardi 06 Avril 2010)

Votre journal « le Flic » offre en toute exclusivité les révélations d’un ancien conseiller du Président Tandja Mamadou. Fruit de la complicité d’un de nos lecteurs et ami du concerné, cette interview –réalisée en deux séances entre le 27 mars et le 03 avril derniers  est aussi le résultat de moult transcriptions, notre interlocuteur exigeant la fidélité du texte à la virgule près. C’est le prix à payer....
 
Le Flic : Monsieur, veuillez vous présenter. Ancien Conseiller : Je préfère garder l’anonymat, pour le moment. Vous savez…
 
Le Flic : Je sais, mais vous savez aussi que nos lecteurs sont pointilleux à ce niveau…
 
Réponse : Pour un début, ce sera l’anonymat. Je peux juste vous dire que j’étais conseiller de Tandja jusqu’à 2008. Je suis très proche d’une chefferie influente de la région de Maradi. Je ne dirais pas plus.

J’aimerais m’ouvrir à votre journal, histoire d’apporter des éclairages sur l’ère Tandja, notamment les rapports du président pas toujours sereins avec ses collaborateurs comme Hama et… Concernant ses rapports avec Hama Amadou, ceux-ci commencèrent à se détériorer courant second trimestre 2005. Les révélations faites par l’opposition sur les supposés tripatouillages financières de l’ex-Premier ministre mais aussi sur son attitude jugée «divisionniste » quant à la gestion politique du pays, relayées par plusieurs organes de presse, finirent par porter «l’estocade» à la bonne entente entre Tandja et Hama.

 Le Flic : Ainsi donc, Monsieur le Conseiller, de simples ragots rapportés ça et là pourraient-ils saper les fondements d’une relation dont on disait vieille de plus de 35 ans ?
 
Réponse : En réalité, l’opposition dirigée par le PNDS de Mahamadou Issoufou avait mené d’abord un travail souterrain de sensibilisation en direction aussi bien de l’opposition nationale et internationale. Cette campagne avait pour objectif de faire passer le chef du gouvernement aux yeux de tout le monde pour un thuriféraire et un intrigant de haute volée. Dans la foulée l’opposition s’était arrangée pour inspirer un dossier compromettant sur la gestion politique et financière de Hama Amadou, lequel, par une voie «parallèle» fut transmis au Président de la République. Il faut relever que malgré la pertinence de certaines accusations conte- nues dans ce dossier et portées contre Hama Amadou, Tandja Mamadou était resté de marbre.
 
Il eût fallu les interventions croisées du ministre de l’Economie et des Finances, Ali Lamine Zène et de certains hauts responsables proches de Tandja comme le ministre d’Etat Albadé Abouba, le ministre Directeur de Cabinet Bachir Yahaya, Alma Oumarou président de la section de Zinder, Ali Sabo, président de la section de Maradi, Foukori Ibrahim Administrateur Délégué de la NIGELEC, avec la bénédiction de Hadja Laraba Tandja pour amener ce dernier (le Chef de l’Etat) à envisager le départ pur et simple de Hama Amadou de la Primature. Disons que l’intervention la plus déterminante fut celle du ministre de l’Economie et des Finances de l’époque qui, preuves à l’appui, allait montrer que Hama Amadou se livrait à des interventions tous azimuts au niveau du ministère des Finances et du Trésor National soit à son profit, soit au bénéfice à d’autres personnes. Mieux, il précisa que lesdites interventions eurent cours pendant les intérims que le PM assurait au Ministère de l’Economie et des Finances lorsque lui-même était en voyage. Dès cet instant, la coupe fut pleine.
 
Tandja déterra la hache de… guerre. Pour commencer, il s’accapara de la totalité des pouvoirs au sein de l’Exécutif au détriment de son Premier ministre qui est chef du gouvernement, ordonnateur principal et responsable devant l’Assemblée Nationale selon les prescriptions de la loi fondamentale de la 5e République. Ce fut la période où les nigériens parlèrent du subit réveil de Tandja. Puis il donna des instructions fermes à ses plus proches collaborateurs d’observer un silence total autour de ses activités. Autrement dit, rien ne dût filtrer sur ses occupations en direction des services du PM. Ainsi ni les dates et heures de départ et de retour de ses officiels voyages ne furent plus jamais communiqués au Chef du gouvernement. Il poussa l’humiliation jusqu’à lui retirer la clé de la Villa Verte où séjournent les hôtes de marque du Chef du gouvernement. Ensuite il commença les tractations secrètes avec plusieurs responsables des sections du MNSD de Maradi et Zinder.
 
Le Flic : Intéressant ! Ce serait là les révélations sur la stratégie développée par Tandja pour abattre Hama Amadou politiquement ?
 
Réponse : Bien sûr. Egalement, Tandja Mamadou contacta Mahamane Ousmane, président de l’Assemblée Nationale à qui il fit part, sans détour de sa décision de se séparer de son PM. Précisément il lui dit ceci : «J’ai tout fait pour que Hama comprenne que nous ne pouvions plus rester ensemble mais celui-ci refuse de partir. Seriez-vous prêt à m’aider à le faire partir ? ».
 
Le Flic : Le Président Tandja at- il personnellement approché Mahamane Ousmane dans cette affaire ?
 
Réponse : Il a fait même pire. Il a personnellement envoyé un «émissaire secret» auprès de plusieurs députés du MNSD et du CDS pour les sensibiliser à l’idée de débarquer Hama Amadou.
 
Le Flic : Que s’était-il passé par la suite ?
 
Réponse : En bon stratège militaire, Tandja a vite compris que dans toute entreprise politique, l’argent est le nerf de l’action. Ainsi il enverra Aïchatou Mindaoudou, la ministre des Affaires Etrangères auprès de Kadhafi en Libye. Elle lui ramènera 5 millions de dollars soit 2.500.000.000 F CFA. Une bonne partie de cette somme servira à corrompre plusieurs responsables politiques et députés de la majorité présidentielle. Le 31 mai 2007, la motion de censure fut votée allègrement contre Hama et son gouvernement comme une lettre envoyée à la poste.
 
Le Flic : Avez-vous une idée du montant que chaque député aurait reçu ?
 
Réponse : J’ai entendu parler de 25 millions pour certains et 30 pour d’autres. Mieux, il semble que quelques uns d’entre eux en profitèrent pour glaner des contrats juteux de l’Etat.
 
Le Flic : Il se raconte que ce sont surtout les conseillers qui sont à la base de la chute de Tandja. Quel rôle spécifique avez-vous joué à ce niveau ?
 
Réponse : Ce sont des ragots rapportés par des individus qui ne savent rien des dessous du Tazartché. Cette opération n’a pas commencé dans le milieu des conseillers officiels du Président Tandja mais plutôt dans ceux officieux. Il s’agit principalement des milieux de quelques hommes d’affaires intéressés et des gouverneurs des régions. A l’exemple de beaucoup de cadres dans l’entourage du Président Tandja Mamadou, je fus opposé au Tazartché dès le début. D’ailleurs, contrairement à ce que les nigériens croyaient, ladite opération commença le 31 mai 2007, jour même de l’éviction de Hama Amadou de la Primature. Mais cela est une autre histoire…
 
Le Flic : Vous nous aviez promis d’autres révélations encore plus croustillantes sur le niveau d’implication personnel de l’ensemble des leaders politiques dans le projet de Tazartché.
 
Réponse : Pour le moment, je puis vous affirmer que tous, pratiquement tous, étaient au parfum de ce projet, pour ne pas dire qu’ils en étaient au centre. Mais de cela, on en parlera les jours à venir. Pour finir, je tiens à préciser que le Président Tandja Mamadou est tout sauf un homme de parole. Il préfère diviser les hommes pour, dit-il, mieux les gérer. Il a une phrase célèbre à la bouche «il n’existe pas au monde un être né d’un père et d’une mère qui puisse ni me deviner, ni deviner mes actes. Je suis un homme à part entière… ».

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