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Les grands réseaux de reversements

  • Par biacorp
  • Le Mar 09 Nov 2010
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Ecrit par BIACORP

Le reversement est une technique de fraude très spéciale à l’usage
exclusif des plus hautes autorités douanières et de leurs hommes de main, un
chef de bureau appuyé d’un ou deux agents de confiance au maximum. C’est une
véritable mafia qui s’opère tranquillement faisant perdre à l’Etat plusieurs
milliards et concerne des marchandises de grandes valeurs.

 

  Souvent, un seul camion peut transporter des marchandises de plus de 100 millions de
francs (cigarettes, alcool, tissus imprimés et autres marchandises prohibées ou
fortement taxées). C’est l’infraction douanière la plus grave doublée d’un
délit d’initié.

Les modes opératoires

 

Un système, comme on dit, ne vaut que par les hommes qui l’animent. C’est
consciente de cette situation que la Directrice Générale des Douanes a, dès ses
premiers instants de nomination, procédé au changement des hommes à la tête de
certaines unités en tout cas les plus sensibles afin de placer ses hommes de
paille qui lui sont redevables à vie. Ceux qui auraient monnayé leurs
affectations ont certes pu se taper de bons postes mais ne font pas partie de
ce cercle d’initiés. Ces affectations étaient la plus grosse bêtise qu’aucun
Directeur Général des Douanes n’est commise, d’abord parce qu’elles sont en
porte à faux avec le Statut autonomes des agents du cadre des douanes, ensuite
parce qu’elles ne tenaient compte ni du mérite, ni de la compétence encore moins
des qualités intrinsèques des intéressés. Mais quand on a faim (depuis Baré, la
DGD actuelle se sentait presque à la touche parce que le poste de DRH même s’il
lui rapportait quelques bakchichs sur le deal relatif aux affectations est à
ses yeux insignifiant : il lui fallait plus gros), mais surtout vu la
retraite qui pointe à l’horizon, il faut mettre les bouchées doubles. C’est ce
qui explique la mise en place d’une véritable toile d’araignée que
constituaient ces affectations, sur l’économie du pays.


Même
le SNAD qui avait adopté un profil bas a eu le courage de réagir par rapport à
cette situation par lettre N°091/SNAD/10 en date du 10 septembre 2010. Une fois
le dispositif mis en place, les opérations peuvent se dérouler le plus
tranquillement à travers les bureaux intervenants (les bureaux d’entrée et les
bureaux de sortie avec des bureaux intermédiaires pour brouiller les pistes).

 

Le reversement concerne principalement les marchandises destinées aux pays :
Nigeria, Tchad, pays du Maghreb, Mali et Burkina Faso et des rares cas le Bénin
(matériel d’entreprise qui ne sort presque jamais). Les marchandises circulent
en principe sous le couvert de deux documents : le carnet de transit ou la
déclaration de réexportation. Le carnet de transit va à destination d’un bureau
intermédiaire avant d’être transmis par une déclaration de réexportation.
L’autre technique est la mise des marchandises en entrepôt pour soit disant
être réexportées mais elles ne sortent jamais dans la plupart des cas (tissus
imprimés, alcool, cigarettes, assaisonnement et divers).

Les principaux bureaux intervenant dans ce processus sont les bureaux de Gaya, Dan
Issa, Torodi, Ayorou, Téra, Magaria, Matamey, Douméga, Konni, Banigangou. Tous
ces bureaux envoient des marchandises en direction de Niamey qui est un centre
de convergence et surtout un centre de grande consommation où tout peut se
perdre très facilement. Pour le cas des marchandises déclarées pour le Nigeria,
elles ne sont jamais conduites à destination et sont stockées dans une localité
nigérienne frontalière où la plupart prennent le sens inverse : c’est
pourquoi le Bazin, le Lech et les pagnes waw coûtent moins cher à Maradi et à
Zinder qu’à Konni ou au Nigeria. Donc la plupart des marchandises destinées au
Mali, au Burkina ou en Algérie, les carnets sont levés pour Niamey (bureau
intermédiaire où s’effectue le brouillage) qui, en principe, doit faire une
déclaration de réexportation.

Que ce soit un carnet de transit ou une déclaration de réexportation, la
marchandise ne quitte jamais la localité de départ dans la plupart des
cas ; Seuls les documents circulent. L’agent qui devait accompagner la
marchandise est un homme totalement dévoué au réseau qui quitte le bureau avec
un ordre de mission en bonne et due forme avec le camion au cas où il se trouve
dans l’enceinte du bureau (pour mettre la poudre aux yeux des usagers et des
autres agents) pour le conduire directement au magasin de l’importateur. Pour
les réexportations en suite d’entrepôt, l’opération est d’autant plus facilitée
que la marchandise est hors de la vue des curieux. Ce sont des opérations
extrêmement planifiées dans un milieu où prévaut la loi du silence.

On convoque généralement le chef du bureau par lequel la marchandise est sensée
transitée (la dernière escale) à Niamey pour signer les documents y afférents.
Ses agents ne sauront jamais ce qui s’est réellement passé. Ni vu, ni
connu ! Chacun prend sa part du butin. Des milliards s’envolent de cette
façon avec la complicité et sous la conduite des hauts responsables car aucun
agent aussi téméraire soit-il ne peut engager une telle opération sans l’aval
de la haute autorité et quand il se trouve que cette autorité s’embarrasse de
très peu de scrupule et la morale dans son sac à main, la déconfiture est
patente. La situation s’est empirée avec l’arrivée de ZEÏNABOU YABO à la tête
de la DGD notamment dans le domaine des hydrocarbures où le scandale sur ce
genre de marchandises va éclabousser tout le monde.

Le monde comme elle craignait mais pourrait-il éclabousser des personnes autres
que le réseau qu’elle protège ? Elle aura tout fait pour arrêter les
investigations et empêcher que des structures à compétence plus étendue ne se
saisissent de ce dossier, notamment la DLF/C à même de mener des investigations
même dans les pays officiellement destinataires de ces hydrocarbures dans le
cadre de l’assistance administrative mutuelle.

Même en détruisant les preuves à la frontière, d’autres voies existent pour
s’assurer que ces marchandises sont bien parvenues au destinataire. Autrement,
pourquoi la Directrice Générale a arrêté le processus qui devait mettre à nu la
saignée que l’omerta opère sur les recettes, si réellement elle n’avait pas
intérêt dans l’action ? Ne serait-elle pas à la tête de ce monstre à plusieurs
tentacules dont la probité, la vertu et toutes les valeurs n’ont d’égal que
l’équivalent en espèces sonnantes et trébuchantes qu’ils empochent ?

En effet, entre le 12 juillet 2010 et le 04 octobre 2010, trente (30) camions
citernes (pour ceux qui ont pu être enregistrés) ont quitté les bureaux
frontaliers du Nigeria pour, soit disant, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire
et d’autres destinés à des opérateurs locaux comme l’atteste le document
ci-joint avec les immatriculations des camions, la destination et le document
d’accompagnement pour une quantité de 1.522.000 litres. Cette opération pouvait
passer inaperçue si certaines irrégularités n’ont pas présidé à la bonne marche
des opérations toujours est-il qu’il n’y a jamais de crime parfait.

1.   Les hydrocarbures étant classés dans la catégorie des marchandises hautement
sensibles, stratégiques donc faisant partie de la catégorie des marchandises
prohibées, l’importation, la circulation, la détention sont soumises à des
règles particulières. C’est ainsi que même la SONIDEP qui a le monopole des
hydrocarbures sur l’ensemble du territoire national et même étant une société
d’Etat, elle a toujours levé des autorisations pour l’importation de ce type de
marchandise. Or, pour le cas d’espèce, aucun de ces camions n’a l’autorisation
d’importation ; ce qui, d’office, les expose à une infraction qualifiée
d’introduction frauduleuse de marchandises prohibées en violation des
dispositions de l’article 20 du Code des Douanes, infraction prévue par
l’article 197 a) du Code des Douanes. Sur chaque camion citerne introduit dans
ces conditions ce sont quelques 71.340.000 FCFA qui s’échappent à l’Etat. Donc
pour la période citée plus haut, le montant est effarent : 2.420.000.000
FCFA.

 

2.   L’un des camions a été saisi à sa deuxième opération et a été libéré nuitamment en
dehors des heures de service, en l’absence de tout agent par le chef du bureau,
notamment le camion 8F 5485/86 RN pour le compte de M. Ibrahim OUMAROU.

3.   Après les multiples tentatives de corruption, l’opérateur finira par avouer que c’est
son business, il ne vit que de çà et donc il faut éviter de « verser du
sable sur son manger ». Après le dépôt du procès verbal y relatif auprès
du Tribunal des Grandes Instances Hors Classe de Niamey, l’un des principaux acteurs
de cette mascarade a claironné sur tous les toits que grâce à ses relations
haut placées et dans le milieu des juges, elle a réussi à étouffer cette
affaire.

4.   Ces camions, pour la plupart, ne serait-ce que pour les besoins des statistiques,
sont inconnus de la SONIDEP et sortent pour la plupart sans escorte douanière
ou escortés par le chef du bureau en personne, alors qu’ils ne peuvent quitter
le bureau que sous couvert d’une déclaration de réexportation dans la mesure où
ils sont destinés à un pays tiers.

 

5.   Pourquoi la Directrice générale des douanes n’a jamais voulu diligenter une inspection
d’Etat là où des milliards sont en jeu, elle qui est si prompte à requérir une
inspection d’Etat pour un container qui, de l’avis même du SG-SNAD ne peut pas
dépasser 3 millions même si on a été trop méchant vis-à-vis de
l’importateur » ? Pourquoi aurait-elle demandé au Colonel IBRO Ayouba
de geler les investigations qu’il est entrain de mener dans ce domaine après
avoir avoué elle-même l’existence de ce réseau de reversements des
hydrocarbures ?

Il se passe des choses ! La Directrice générale des douanes cacherait-elle
des choses que personne ne doit savoir au point d’orchestrer une fuite en avant
pensant livrer le Colonel IBRO Ayouba pieds et poings liés à la vindicte
populaire d’abord et à la sanction administrative ensuite sur la base d’un faux
document grossièrement monté ?

Une inspection poussée permettrait à n’en point douter de connaître la destination
réelle d’une partie de ce carburant même si déjà on avance dans le milieu que
ce carburant appartiendrait à une première dame de la sous région. Entre nous,
si l’Etat lève des autorisations pour ses propres importations, pourquoi
quelqu’un d’autre, fut-il Sarkozy, Bush ou Merkel ne lèverait pas licence en territoire
nigérien ?

La Directrice générale des douanes est loin, très loin d’être une sainte ;
bien au contraire, si elle connait l’existence de ces réseaux et qu’elle les
laisse opérer en toute quiétude, c’est qu’elle a des intérêts hautement
stratégiques comme dans l’affaire récente de Maradi par rapport à laquelle elle
aurait dépêché spécialement deux de ses conseillers afin de trouver une porte
de sortie aux mis en cause pour qu’elle ne soit pas impliqué d’une façon ou
d’une autre car les mêmes mis en cause auraient reçu des instructions.

L’épisode de Dosso n’est en réalité qu’une diversion et si quelqu’un mérite un
questionnaire, c’est bien elle car elle aura ouvert la voie et l’aurait même
forcé à faire des opérations qu’il ne voulait pas et c’est elle-même qui
dépêche certains agents pour accompagner les opérateurs, mettre la pression sur
le chef du bureau pour faire les opérations de ses protégés. Le mur du silence
est franchi et dans cette épreuve, c’est l’ensemble des agents
« récalcitrants » qui en feront les frais.

Nous ne fabriquons jamais des preuves grossières comme on l’a vue avec la Directrice
et nous nous en tiendrons aux faits. Tous les bureaux dans lesquels il y a eu
des faits réels de trafic d’influence ou de situation pas très catholiques,
initiés par la DGD seront mis sur orbite en espérant qu’elle fera tout pour
faire détruire les preuves car de quelqu’un qui est aux abois, désespéré et
désemparé, on peut s’attendre à tout.


A bon entendeur, salut !!!!!!!!!!

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