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Restauration de la mécanique démocratique

  • Par biacorp
  • Le Ven 09 Avr 2010
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Écrit par M Habou (L’ACTUALITE DU 06 AVRIL 2010)

La vague d’interpellations des anciens dignitaires du régime de l’ancien présidant Tandja, lancée par les nouvelles autorités, créé déjà la panique dans les rangs des Tazartchistes. C’était à visage découvert que la plupart des thuriféraires du régime déchu ont contribué à dénaturer le jeu politique. Occupant une responsabilité politique ou jouissant d’une petite parcelle d’autorité, ils n’avaient pas lésiné sur les moyens pour braver le bon sens et la volonté générale en accompagnant Tandja Mamadou dans son travestissement des règles du jeu politique. Déchus et déboussolés aujourd’hui, ils n’arrivent plus à avoir cette paix intérieure. Ils ont du mal à digérer leur nouveau statut de moins que rien dans la scène politique. Ils sont en conflit avec leur propre personnalité. Hors du jeu, ils sapent les actions de réconciliation et les remarquables perspectives de restauration de la démocratie. En effet, Les nouvelles autorités ont lancés depuis un certain temps une opération de démystification et de démantèlement des anciens dignitaires du régime qui s’amusent à porter atteinte non seulement à la cohésion, mais aussi à la sûreté nationale. Une bonne dizaine d’anciennes personnalités du régime, déposées dans les poubelles de l’histoire, ont été interpellées la semaine passée et pla placées en garde à vue pendant plus de 48 heures dans les locaux de l’école nationale de la police.

On leur reproche de mener des activités subversives contre l’autorité publique. Ce qui veut dire, tout simplement, qu’ils complotent contre le pouvoir. Au nombre de ces personnalités, on retiendra les grands acteurs de l’ordre ancien comme Ben Omar, Nouhou Arzika, Issoufou Tamboura et Kassoum Moctar ; des modérés, mais opportunistes comme Seini Omar, Lamine Zeine, Lamido Moumouni et les hommes de l’ombre à l’image de Seini Salou et Amadou Dioffo. Hier, ils étaient aux commandes des affaires. Ils faisaient la pluie et le beau temps au Niger. Ils ne semblaient guère inquiétés. Pour eux, le Niger commence par eux et finira à leur gré. Ils envoyaient tous ceux qui refusaient d’être des sujets modernes dans les geôles. Ils réprimaient sauvagement les manifestations pacifiques des opposants. Par mépris à l’égard des citoyens et à la précarité dans laquelle ils vivent quotidiennement, ils avaient fait main basse sur les deniers publics. Transformant l’État en un machin dont ils géraient à leur guise, la horde de ceux qui avaient prêché la continuité dans l’illégalité du régime du président Tandja a la trouille. Sous leur simulacre 6ème République, ils avaient eu accès, sans contrôle, aux immenses richesses du pays.

 
Et c’est tout naturellement qu’ils sont devenus des hommes fortunés sur le dos du citoyen nigérien. Ils sont devenus des milliardaires sans états d’âme. N’ayant ni gloire ni fierté, ils n’ont cessé de penser à revenir aux affaires, malgré le renversement de leur autocratie par une junte républicaine. C’était, on se rappelle, d’un coup de baguette magique que nos braves forces armées ont balayé, le 18 février dernier, la monarchie du président Tandja et de tout ce qu’elle comportait comme danger ambiant et ambulant pour la nation. Après le putsch du 18 février, les nouvelles autorités n’ont pas jugé nécessaire de séquestrer ces personnalités déchues ou de les détenir en prison. Par simple souci de réconciliation, elles furent libérées quelques jours après, et cela malgré leurs supposés forfaitures dans la gestion calamiteuse du patrimoine nationale. Et d’ailleurs, même au cours de leur détention, ils reconnaissent avoir été bien traités. Tout ceci, dans l’espoir qu’ils accepteraient la nouvelle donne. Cette vague d’interpellation qui, de toute vraisemblance, n’à rien avoir avec un règlement de compte, inquiète les tazartchistes qui ont publiquement fait l’apologie de cette dernière. Certains se sont déjà éclipsés dans la nature.
 
On ne les voit plus sur les écrans de télévision devenus, à l’époque, leur champ de prédilection. Aussi, pendant que d’autres ont préféré se taire pour ne pas attirer l’attention sur eux, les astucieux tentent vainement de se camoufler afin de rejoindre les citoyens normaux. Il est légitime de se poser la question de savoir, où sont donc passés les héros des écrans de télévisions comme Ibrahim Hamidou et le talentueux Ismael Iboun Gueye ? Ils sont aussi comptables comme tous les autres acteurs de l’ancien régime. Les tazarchistes peuvent-ils s’arroger le droit de semer la discorde parmi les nigériens ? Sont-ils au dessus de la loi ? Ou encore, pensent t-ils vivre au Farwest ? Dans tout les cas, au nom de la justice, ces hommes et femmes devront répondre devant les tribunaux pour les actes commis dans leur gestion de la chose publique. Il ne serait nullement question d’une chasse aux sorcières, mais plutôt d’une quête de justice indispensable pour la réconciliation des nigériens. Et comme le dit Amadou Oumarou dit Bonkano : « un jour on est le chasseur ; et un autre on est la biche ». Ils auraient du y songé. C’est bien dommage !

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