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L’ALMANACH DES TAZARCHISTES

  • Par biacorp
  • Le Sam 20 Mars 2010
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L’ALMANACH DES TAZARCHISTES

Écrit par Ayouba Karimou (OPINIONS N° 102 du 17 Mars 2010)

Vous vous rappelez sans doute, votre journal avait publié dans ses mêmes colonnes la galaxie des tazarchistes qui faisait une revue non exhaustive de tous les tazarchistes, c’est-à-dire, de tous les hommes et les femmes de ce pays qui ont fait de l’apologie de la violation de la Constitution du 09 août 99 leur évangile. Ils n’étaient point des fous, contrairement à ce que pensaient certains observateurs, c’est délibérément et de façon pleinement consciente qu’ils avaient décidé de fouler du pied la Loi fondamentale votée par la majorité du peuple nigérien, uniquement pour les délires mégalomaniaques d’un homme qui a fait du pouvoir pour le pouvoir l’alpha et l’oméga de son existence. Evidemment, l’unique motivation de ces tazarchistes ne résidait point dans une indifférente adhésion à la volonté du satrape, mais trouvait aussi sa justification au confluent d’intérêts personnels basés sur l’affairisme au plus haut sommet de l’Etat. 
Pendant tout le temps que cette imposture tazarché avait duré, les démocrates nigériens, sans exception, étaient passés complètement à côté de la plaque pour avoir cru chercher son antidote au plan politique et juridique, en voulant faire comprendre à Tandja Mamadou et à ses thuriféraires que sa sixième république était une caricature et non un régime politique. Aujourd’hui, comme le dit un proverbe du terroir, tout ce qui pourrit dans l’eau finit toujours par remonter en surface. En effet, la refondation n’était rien d’autre qu’un ramassis de petits voyous, guidés exclusivement par des motivations affairistes, et qui avait naïvement cru profiter de la sénilité d’un homme de 72 ans pour accaparer les ressources publiques à des fins personnelles ou claniques. A présent, et avec retard, les démocrates nigériens, effarés, découvrent dans toute son horreur, l’immensité des crimes économiques que Tandja, sa famille et son clan ont perpétrés, délibérément, comme de petits voleurs de Habou Ganda ! Aujourd’hui, à la demande pressante de nombreux lecteurs, nous reve- nons sur ces hommes et ces femmes, ces gens qui ont oublié que le Niger, notre bien commun, n’est pas une boutique familiale qu’on peut gérer avec du paternalisme doublé d’un mercantilisme, le tout enrobé dans un élan mafieux. Après donc la première partie, en voici la seconde.
Foukori Ibrahim, l’omnipotent DG :
 
Aussitôt après la parution de l’édition précédente de votre journal, un lecteur appela au téléphone un de vos serviteurs pour lui signifier de son intention de porter plainte en justice contre votre journal au motif que nous aurions délibérément ‘’oublié’’ dans cet almanach des tazarchistes de citer Ibrahim Foukori. Heureusement pour nous, s’apercevant à la fin de l’article ‘’A suivre’’, il se résolu à différer sa colère, tout en espérant que dans la suite de cette saga son voeu serait exaucé ! Non chers lecteurs, nous n’avons point oublié notre ami Foukori, celuilà même qui nous intenta plusieurs procès en justice pour avoir simplement dénoncé sa gestion gabégique de la Nigélec. Oui, Ibrahim Foukori est un cas bien à part. Ibrahim Foukori était le deuxième décret de Tandja Mamadou en 1999, juste après celui qui nomma Mamane Sani, Directeur de Cabinet de la Présidence ! Il est aujourd’hui, curieusement, le premier DG à être vidé !
 
Il n’était point un acteur débridé du tazarché, mais il n’en demeurait pas moins la deuxième personnalité du Niger qui profiterait du tazarché, juste après Tandja ! Il convient juste de signaler que nos maigres colonnes ne permettent pas d’épuiser l’immense gâchis pour la Nigélec qu’avait constitué la gestion de Foukori pendant toute une décennie (près d’une quarantaine de N° de votre journal avait été consacrée à cette gestion). On peut cependant retenir que le monsieur avait si bien joué pour avoir mis en place tout un réseau de captations de tous les marchés de la Nigelec avec des sociétés écrans qui ont la singularité d’appartenir toutes sans exception, au début au mari de sa fille aînée, e ensuite, directement à son fils ! La patrimonialisation de la Nigélec avait atteint tous les degrés, quand, par exemple, Foukori fit ouvrir par sa fille un laboratoire d’analyses médicales, estimant qu’il n’était point nécessaire de ‘’perdre’’ de l’argent de ce côté-là !
 
Tout passait par lui, il était l’ordonnateur, et le fiston l’exécuteur unique des marchés ! Son empire s’étendait du Niger au Nigeria, voire au Ghana ! Il faut dire que si Foukori manoeuvrait à sa guise, c’est qu’il était d’intelligence avec Laraba Tandja, la première épouse du satrape, centre névralgique du pouvoir au Niger. Tout ce qui était sucré passait par elle, et Foukori l’avait compris très tôt ! Parmi les échecs retentissants de la gestion Foukori, on notera, sans doute, l’abandon du projet DREIN qui avait pour objectif, à terme, de réduire très sensiblement le coût du kilowatt/H, sur l’autel d’intérêts mercantilistes. On retiendra également, la politique peu responsable de la connexion au détriment de la perte totale de production locale à partir de ses propres installations qui étaient tombées en vétusté, faute d’entretiens techniques. Conséquences, les moindres perturbations au Nigeria se traduisent par des interruptions de la fourniture en énergie électrique qui paralysent souvent la vie économique du pays. Un livre entier ne suffirait point pour décrire la gestion de Foukori. Un audit de son successeur l’enverra en prison pour au moins un siècle !
 
Dagra Mamadou, alias juriste du tazarché :
 
à l’heure où nous écrivons ces lignes, Dagra Mamadou serait retourné à l’Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey ré-enseigner le droit constitutionnel ! Pauvres étudiants ! Quel droit mérite-t-il encore d’être professé par Dagra, celui-là même qui participa à l’assassinat, avec sang-froid et préméditation, de la Cinquième république. Aucun droit sérieux ne mérite plus d’être professé par un renégat de la profession comme Dagra Mamadou ! Le simulacre d’abandonner le poste très sensible de Ministre de la Justice pour un obscur minis ministère de l’enseignement professionnel n’avait réussi à tromper personne. Le scélérat projet de constitution de la sixième république est son oeuvre exclusive, une constitution aux antipodes des aspirations démocratiques du peuple nigérien, une constitution qui fait du Président de la République un monarque constitutionnel de facto ! Oui, Dagra aura tordu le cou au droit constitutionnel qu’il enseignait depuis longtemps, et cela a permis aux Nigériens de comprendre que ce ne sont point les seuls parchemins universitaires qui font l’honorabilité de la profession, lorsqu’on manque de vertu morale. Dagra Mamadou souffre visiblement de l’absence de cette exigence. Pauvre de lui, hélas !
 
Djibrill Abarchi, le tazarchiste du CNOU:
 
pendant longtemps, Djibrill Abarchi avait fait partie de notre champ d’admiration que nous avions pour certains intellectuels nigériens pour leur engagement aux côtés du progrès. Cependant, avec l’avènement de cette monstruosité du tazarché, un autre Djibrill Abarchi était apparu, complètement à des années-lumière du brillant juriste que tout le monde connaissait et qui venait de se transformer en mercenaire du Droit Tazarché. C’était-là une posture indigne d’un intellectuel qui doit toujours refléter, en toutes circonstances, ce qu’il y a de meilleur dans la société. En réalité, tout le tazarché était ponctué de pièges, et certainement que Djibrill Abarchi était tombé dans un de ces pièges au moyen de la gestion du Centre National des OEuvres Universitaires (CNOU). Morale de l’histoire : responsabilité de gestion peu efficace ne fait pas bon ménage avec indépendance d’esprit !
 
Dodo Boukary, le bricoleur de la Cour Constitutionnelle:
 
juriste publiciste de formation, enseignant à l’Université, Dodo Boukary est le type idéal de l’intellectuel aux intestins fragiles qui ont oublié tout leur sacerdoce universitaire, sacerdoce fait d’exigences, intellectuels qui ont vendu leur âme contre espèces sonnantes et trébuchantes. Il sera rémunéré en obtenant le droit de siéger au sein d’une Cour Constitutionnelle illégale et illégitime ! Lorsque le savoir se désincarne d’exigences morales, alors les Dodo Boukary apparaissent comme les chevaliers de l’Ordre de la Légion du déshonneur et de la prévarication. L’unique mérite du tazarché aura été, sans doute, celui d’avoir édifié les Nigériens, au-delà des apparences souvent trompeuses, sur la nature foncière de certains intellectuels nigériens et autres acteurs politiques.
 
USN et UENUN, la caution estudiantine du tazarché:
 
ces deux associations sont plus que des symboles au Niger. Leur évocation rappelle également l’histoire politique récente du Niger au début des années 90.Malheureusement, l’USN et l’UENUN étaient depuis lors passées dans l’escarcelle du tazarché via certains de leurs dirigeants qui ont vendu leurs structures au régime de Tandja Mamadou, l’imposteur suprême, en l’accompagnant dans sa volonté de liquider la démocratie nigérienne. Ces deux structures auront été indignes de tout leur héritage, elles qui étaient à l’avantgarde de la revendication démocratique de la décennie 90. Bio et Farouk auront fait de leurs structures un paisible fonds de commerce pour avoir été les chevaux de Troie de la caravane tazarchiste sur le campus universitaire. Pour quel montant ? Aujourd’hui, il est l’heure de solder les comptes. Tous les comptes.

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